Il n’avait pas le droit de perdre, et pourtant, mené 5-2 dans le cinquième set, Moïse Kouame a trouvé les ressources pour réaliser l’un des come-backs les plus spectaculaires de ce Roland-Garros 2026. Le 28 mai, le jeune Français de 17 ans s’est imposé en cinq manches (6-3, 7-5, 3-6, 2-6, 7-6 [10/8]) contre le Paraguayen Adolfo Daniel Vallejo (71e mondial), au terme d’un combat de 4h56 sur le court Suzanne-Lenglen. Une victoire qui confirme que Moïse Kouame n’est pas un phénomène ordinaire.
Moïse Kouame, un come-back de légende au Suzanne-Lenglen
Lancé dans ce deuxième tour avec la confiance de son succès au premier tour contre Marin Cilic, Moïse Kouame a traversé les deux premières manches avec autorité, le poing levé vers sa box, dictant son jeu depuis le fond du court. La troisième et la quatrième manche ont raconté une toute autre histoire : moins tranchant, moins précis, accumulant les doubles fautes et les erreurs directes, le Français a semblé physiquement et mentalement fragilisé face à un Vallejo qui, lui, n’a rien lâché. Mais c’est précisément là que la légende de Moïse Kouame à Roland-Garros 2026 a commencé à s’écrire. Son adversaire a servi pour le match à 5-3 dans le cinquième set. Le jeune Français n’a pas cédé. Galvanisé par les 10 000 spectateurs d’un Suzanne-Lenglen en ébullition, il a remonté ce handicap pour égaliser à 5-5, puis entraîner le match vers un super tie-break décisif. « Quand je me suis retrouvé à 5-3, break, je n’ai jamais cessé d’y croire », a-t-il confié en conférence de presse, citant en exemple Carlos Alcaraz et ses trois balles de match sauvées en finale l’année précédente.
Un super tie-break de folie pour décrocher la victoire
Dans le super tie-break, Moïse Kouame a semblé métamorphosé. Parti sur les chapeaux de roues (6-1), il a ensuite été rattrapé par Vallejo (6-6), avant d’être brièvement dépassé. Rien n’a pu entamer sa détermination. Sur sa première balle de match à 9-8, le Français a décroché un passing de coup droit extraordinaire en bout de course, avant de conclure au filet et de s’écrouler sur la terre battue, les bras en croix. Ce geste de pure libération résume à lui seul la performance de Moïse Kouame à Roland-Garros 2026 : une victoire arrachée avec les tripes, la deuxième de sa carrière en Grand Chelem, et la première en cinq sets. Le tout à 17 ans, à un rang mondial (318e) qui ne reflète absolument pas le niveau affiché Porte d’Auteuil. Pour comprendre les racines de cette mentalité hors norme, il faut s’intéresser à un tennis français qui cultive depuis des années une culture de la combativité et de la résistance dans les moments décisifs.
Moïse Kouame au 3e tour face au Chilien Alejandro Tabilo
La route ne s’arrête pas là pour Moïse Kouame à Roland-Garros 2026. Il affrontera au troisième tour le Chilien Alejandro Tabilo (36e mondial), qualifié sans jouer après le forfait de Valentin Vacherot, contraint à l’abandon sur blessure au pied. Sur le papier, le défi est d’une tout autre dimension : Tabilo est un joueur de métier, solide sur terre battue, bien classé et reposé. Mais après ce qu’il vient d’accomplir en 4h56 d’une intensité rare, Moïse Kouame aborde cette échéance avec le statut de joueur capable de tout. Il rejoindra au troisième tour son compatriote Quentin Halys, qui croisera lui la route d’Alexander Zverev. La quinzaine française s’annonce passionnante, et Moïse Kouame en est désormais l’un des acteurs les plus attendus.

