Cordage de tennis : comment bien choisir en 2026 (boyau, polyester, multifilament)

Cordeur de raquette de tennis en plein travail, lors de l'Open 13 2025
Cordeur de raquette de tennis en plein travail, lors de l'Open 13 2025

Table des matières

Choisir son cordage est souvent la décision la plus négligée par les joueurs amateurs, alors qu’elle influence bien plus le jeu que le choix du cadre lui-même. Un même modèle de raquette peut se transformer du tout au tout selon le type de cordage installé et la tension appliquée. Ce guide fait le point sur les grandes familles de cordages, sur les tensions à privilégier selon son niveau, et sur ce que font réellement les joueurs professionnels sur le circuit.

Les trois grandes familles de cordage

Le boyau naturel reste la référence en matière de confort et de sensations. Fabriqué à partir de fibres animales, il offre un toucher de balle inégalé, une excellente tenue de tension dans la durée et un profil doux pour le bras. Son défaut est connu : un prix élevé et une fragilité plus marquée face aux frappes très lifées ou aux surfaces abrasives comme la terre battue.

Le polyester, ou monofilament, s’est imposé depuis une quinzaine d’années comme le choix dominant du circuit professionnel. Sa rigidité permet de générer davantage d’effet et de contrôler des frappes puissantes, au prix d’un confort moindre et d’un risque accru de tensions au bras ou au coude en cas de mauvais réglage. C’est le cordage de prédilection des joueurs qui frappent fort et lèvent beaucoup la balle.

Le multifilament, ou synthétique, cherche à se rapprocher des sensations du boyau naturel à un tarif plus accessible. Composé de centaines de microfibres synthétiques tressées, il offre un bon compromis entre confort et durabilité, ce qui en fait le choix le plus répandu chez les joueurs loisirs et les débutants.

Entre ces trois familles existent les cordages hybrides, qui combinent deux types de cordes différentes sur une même raquette, en cordage vertical et horizontal. Cette solution permet de cumuler certains avantages, par exemple le confort du boyau associé au contrôle du polyester.

Ce que font les pros sur le circuit

Observer les réglages des meilleurs joueurs mondiaux donne des repères utiles, même s’ils ne sont pas directement transposables à un jeu amateur. Carlos Alcaraz, numéro un mondial, joue en monofilament Babolat RPM Blast avec une tension généralement comprise entre 24 et 25 kg, un réglage qui lui permet de conjuguer puissance de frappe et lift prononcé sur son coup droit. Novak Djokovic, de son côté, a longtemps privilégié un cordage hybride associant boyau naturel et polyester, avec une tension plus élevée, entre 26 et 28 kg, pour maximiser le contrôle sur ses échanges de fond de court. Jannik Sinner tend vers des tensions particulièrement élevées, autour de 29 kg, cohérentes avec son jeu très à plat et sa recherche de précision. À l’inverse, des joueurs au service et au coup droit très puissants, comme Matteo Berrettini, optent pour des tensions basses, autour de 22 kg, afin de gagner en puissance ce qu’ils sacrifient en contrôle. Il faut néanmoins garder à l’esprit que ces joueurs frappent la balle avec une vitesse et une charge d’effet sans commune mesure avec un joueur de club : copier leur tension sans adapter son propre jeu conduit le plus souvent à une raquette trop dure à manier.

Quelle tension choisir selon son profil

La règle générale reste simple : une tension basse favorise la puissance et l’effet, une tension haute favorise le contrôle. Pour un joueur qui manque de puissance naturelle ou qui recherche davantage de confort, une tension basse, autour de 21 à 23 kg, est recommandée, en particulier avec un cordage multifilament ou un boyau. Pour un joueur qui frappe déjà fort et qui cherche à mieux maîtriser ses trajectoires, une tension plus élevée, entre 24 et 26 kg, apportera davantage de précision, au prix d’un ressenti plus rigide.

Il est également utile de rappeler qu’un cordage perd en moyenne 10 à 15 % de sa tension dans les premières 24 heures suivant le cordage, et continue de se détendre progressivement au fil des séances. Un cordage trop ancien, même s’il n’est pas cassé, perd ses qualités de jeu : la recommandation habituelle est de recorder sa raquette aussi souvent que l’on joue de fois par semaine, ramené en nombre de semaines. Un joueur qui pratique trois fois par semaine devrait ainsi recorder sa raquette toutes les trois semaines environ pour conserver des sensations constantes.

Adapter le cordage à son type de raquette et de jeu

Le choix du cordage ne peut pas se faire indépendamment de la raquette elle-même. Une raquette déjà très raide et peu généreuse en puissance, typiquement un modèle orienté contrôle utilisé par des joueurs confirmés, se marie mal avec un polyester tendu à haute tension : la combinaison des deux devient inconfortable et augmente le risque de douleurs au bras. À l’inverse, une raquette très souple et puissante, plutôt destinée aux débutants, peut absorber un cordage plus rigide sans devenir désagréable à jouer.

Les joueurs sujets à des douleurs au coude, de type épicondylite, ont tout intérêt à s’orienter vers un boyau naturel ou un multifilament, cordés à tension modérée, plutôt que vers un polyester pur trop tendu, souvent pointé du doigt comme facteur aggravant de ce type de blessure. Un cordage hybride, avec du polyester uniquement dans le sens vertical et un cordage plus souple dans le sens horizontal, constitue souvent un bon compromis pour retrouver du contrôle sans sacrifier totalement le confort.

En résumé

Il n’existe pas de cordage universellement meilleur qu’un autre : le bon choix dépend du niveau de jeu, du type de frappe, de la raquette utilisée et de la sensibilité physique du joueur. Un débutant ou un joueur loisir gagnera généralement à privilégier un multifilament à tension modérée, un joueur confirmé et puissant pourra s’orienter vers un polyester ou un hybride, en gardant toujours à l’esprit qu’un recordage régulier reste la variable la plus simple, et la moins coûteuse, pour préserver la qualité de son jeu dans la durée.

S'inscrire à la newsletter

    Ces articles pourraient vous plaire