US Open 2026 : l’incroyable épopée d’Arthur Géa, du repêchage aux huitièmes de finale

Arthur Gea à l'Open 13 Provence - Crédits photo : Corinne Dubreuil / Open 13 Provence
Arthur Gea à l'Open 13 Provence - Crédits photo : Corinne Dubreuil / Open 13 Provence

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Il y a quinze jours, Arthur Géa pointait sa raquette vers la sortie des qualifications de l’US Open, battu par l’Américain Nishesh Basavareddy. Ce samedi 6 septembre, le Vauclusien de 21 ans est le dernier tricolore en lice à Flushing Meadows et s’apprête à disputer les huitièmes de finale d’un Grand Chelem pour la première fois de sa carrière. Une trajectoire aussi improbable que réjouissante pour le tennis français, qui traversait pourtant l’un de ses US Open les plus compliqués depuis longtemps.

Un repêchage providentiel après le forfait de Casper Ruud

Éliminé en qualifications, Géa n’avait a priori plus rien à faire dans le tableau final. Mais deux jours après sa défaite, le forfait du Norvégien Casper Ruud, alors 20e mondial et victime d’une blessure au dos, lui a rouvert une porte inespérée : celle de lucky loser. Un statut souvent synonyme d’élimination rapide au premier tour, mais que le Français, 87e mondial au moment d’entrer dans le tableau, a transformé en tremplin vers l’exploit.

Le tirage au sort a également joué en sa faveur. Tête de série numéro 13 initialement positionnée sur sa route au troisième tour, l’Espagnol Rafael Jodar a été sorti dès le premier tour par le Chinois Bu Yunchaokete, dégageant un chemin plus accessible pour Géa dans cette portion du tableau.

Trois tours, trois batailles

Rien n’a pourtant été simple. Au premier tour, Géa s’est défait de l’Argentin Juan Manuel Cerundolo au terme d’un match en cinq sets. Au deuxième tour, il a dominé l’Américain Zachary Svajda 5-7, 6-3, 6-2, 6-2. Puis, au troisième tour, il a signé la plus longue résistance de son tournoi face à un autre Américain, Michael Zheng, s’imposant 7-6, 3-6, 4-6, 6-3, 6-2 après avoir été mené deux sets à un. Un scénario à rebondissements qui en dit long sur la solidité mentale affichée par le natif du Vaucluse tout au long de la quinzaine.

Ce parcours lui permet d’atteindre pour la première fois de sa carrière le troisième tour d’un tournoi du Grand Chelem, et de composter dans la foulée son billet pour les huitièmes de finale.

Bonzi éliminé, Géa seul rescapé tricolore

L’exploit de Géa prend une résonance particulière au regard de la déroute collective du tennis français à New York cette année. Arthur Fils, tête d’affiche annoncée après son titre en Masters 1000 à Cincinnati, est tombé dès le premier tour face à Tsitsipas. Ugo Humbert a déclaré forfait sur blessure, Arthur Rinderknech s’est incliné face à Daniil Medvedev, et Benjamin Bonzi, qui portait lui aussi les espoirs bleus après avoir écarté le Péruvien Ignacio Buse, a été dominé 6-3, 6-2, 6-4 par le Russe Karen Khachanov au troisième tour, samedi 5 septembre. Sans oublier les adieux au Grand Chelem de Gaël Monfils, sorti au deuxième tour.

Résultat : Arthur Géa est, seul, le dernier représentant français encore en course dans le tableau messieurs, une position qu’il n’avait probablement pas imaginée en arrivant à New York comme simple lucky loser.

Prochain adversaire : Bergs ou Van de Zandschulp

Pour ses premiers huitièmes de finale en Grand Chelem, Géa attend désormais le vainqueur du match entre le Belge Zizou Bergs, 37e mondial, et le Néerlandais Botic van de Zandschulp, 70e mondial. Un tirage qui, sur le papier, lui laisse une réelle carte à jouer pour continuer son parcours et viser, pourquoi pas, un quart de finale qui semblait totalement hors de portée deux semaines plus tôt.

Une dynamique lancée depuis l’Australian Open

Cette percée new-yorkaise n’est pas totalement une surprise pour les observateurs qui suivent le circuit de près. Géa avait déjà fait sensation en janvier à l’Open d’Australie, où il avait créé la sensation en sortant le Tchèque Jiri Lehecka, alors 19e mondial, avant de s’incliner au tie-break du cinquième set face à Stan Wawrinka. Il avait ensuite décroché son premier titre ATP de l’été à Los Cabos, sur dur, un succès qui l’avait porté à son meilleur classement, la 82e place mondiale.

Avec ce parcours à l’US Open, sa progression au classement virtuel devrait le propulser aux alentours de la 71e place mondiale, un bond spectaculaire pour un joueur entré dans le tableau par la toute petite porte. De quoi installer durablement le nom d’Arthur Géa dans le paysage du tennis tricolore, aux côtés de la génération Fils-Rinderknech-Mpetshi Perricard, à l’heure où la relève française cherche justement ses nouveaux visages.

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