En juin 2026, à Roland-Garros, Hugo Gaston écrivait l’une des pages les plus émouvantes du tournoi en éliminant Gaël Monfils au terme de cinq sets — le dernier match de la carrière du Français, qui faisait ses adieux à la Porte d’Auteuil après dix-neuf participations. Six ans plus tôt, en 2020, sur ce même court, Gaston avait créé la sensation inverse : classé 239e mondial, il battait Stan Wawrinka en cinq sets pour atteindre les huitièmes de finale — le joueur le plus mal classé à réussir cet exploit depuis 2004 — avant de pousser Dominic Thiem sur cinq sets devant 5,6 millions de téléspectateurs français.
Né à Toulouse, gaucher, ancien numéro 2 mondial junior et champion olympique de la jeunesse à Buenos Aires en 2018, Gaston, 25 ans, n’a toujours pas remporté de titre ATP malgré deux finales. Le cordage de Hugo Gaston n’est pas le full bed de Luxilon 4G parfois décrit, mais un montage hybride bâti autour d’un matériau bien plus rare : le boyau naturel.
Quel est le cordage de Hugo Gaston ?
Gaston joue un hybride boyau naturel en montants et Luxilon 4G en travers. C’est confirmé par Tennisnerd, qui documente son matériel avec précision.
Ce point mérite d’être clarifié : il ne s’agit pas d’un full bed de 4G, comme cela peut être avancé ailleurs, mais bien d’un montage hybride où le boyau naturel occupe la position dominante. Dans un tamis, les montants déterminent environ 70 % du comportement global — un principe détaillé dans notre guide du cordage hybride — ce qui signifie que le tamis de Gaston est en réalité dominé par l’élasticité et la sensation du boyau, avec le 4G en travers pour structurer l’ensemble et apporter la stabilité de tension qui a fait la réputation de ce cordage.
La tension du cordage de Hugo Gaston
Un relevé de Tennisnerd au tournoi de Halle en 2023 indiquait une tension de boyau à 21 kg — une valeur que la source elle-même qualifiait de surprenante pour un joueur de toucher, notant qu’un boyau tendu aussi bas produirait un montage particulièrement puissant. Rien ne garantit toutefois que ce chiffre, relevé il y a plusieurs saisons, corresponde à son réglage actuel ; Tennisnerd précise d’ailleurs ne pas connaître sa tension la plus récente.
Pour situer ce chiffre : un boyau se monte généralement plus ferme que cela sur le circuit, précisément parce qu’il est le matériau le plus élastique qui existe. Une tension aussi basse, si elle est toujours d’actualité, produirait un tamis extrêmement permissif — cohérent avec un besoin de sensation maximale pour un joueur dont l’arme principale reste l’amortie. Les logiques générales de ces arbitrages sont détaillées dans notre guide sur quelle tension choisir pour sa raquette de tennis.
Les spécificités de ce cordage
Le boyau naturel, matériau le plus élastique qui existe, apporte un temps de contact prolongé avec la balle et une restitution d’énergie incomparable — exactement ce que recherche un joueur qui construit son jeu sur le toucher et la variation permanente. Le Luxilon 4G en travers vient ensuite structurer l’ensemble grâce à sa tenue de tension exceptionnelle, l’une des meilleures du marché parmi les polyesters, garantissant que le tamis conserve un comportement stable même après plusieurs heures de jeu.
Le tamis de la raquette : Wilson Blade Pro, le pro stock H22
Gaston joue un Wilson Blade Pro, également identifié sous le nom de pro stock H22 — le même moule que jouent Karen Khachanov, Sebastian Korda et Pablo Carreño Busta, déjà publiés sur votre site. Tennisnerd précise ne pas connaître ses spécifications personnalisées exactes.
Ce que ce montage apporte au jeu de Hugo Gaston
Gaston se distingue par un tennis fondé sur la variation permanente, le toucher, les amorties et une intelligence tactique très au-dessus de la moyenne. Capable de casser le rythme à tout moment et de désorganiser ses adversaires par des choix imprévisibles, il a construit toute sa carrière sur cette capacité à faire déjouer des joueurs souvent bien plus puissants que lui — d’où son avantage de gabarit inversé : à 1,73 m, l’un des joueurs les plus petits du circuit, il a battu Wawrinka, poussé Thiem et éliminé Monfils.
Le boyau en montants sert directement cette identité, apportant la richesse de sensation nécessaire pour doser une amortie au millimètre ou masquer une intention jusqu’au dernier instant. Le 4G en travers, lui, garantit que cette liberté créative ne se traduit jamais en imprécision : c’est le garde-fou qui permet à Gaston de prendre des risques tactiques sans jamais perdre le contrôle de la longueur de balle.
Quels autres joueurs utilisent un matériel comparable à celui de Hugo Gaston ?
Le boyau naturel en montants reste un choix minoritaire sur le circuit, réservé aux joueurs qui placent la sensation au-dessus de tout :
- Karen Khachanov, Sebastian Korda et Pablo Carreño Busta jouent le même moule Wilson H22, mais avec un cordage full bed en Luxilon ALU Power plutôt qu’un hybride au boyau — une différence de philosophie qui illustre bien à quel point le choix du cordage reste indépendant de celui de la raquette.
Reste une carrière encore en quête de son premier titre ATP. Six ans après avoir électrisé Roland-Garros à seulement 19 ans, Gaston, redescendu autour de la 117e place mondiale à l’été 2026, continue de produire des moments marquants — sa victoire sur Monfils en 2026 en est le dernier exemple — sans avoir encore transformé ce potentiel en trophée. Son matériel, construit sur la recherche de sensation avant tout, reste fidèle à l’identité qui a toujours été la sienne : jouer avec la balle plutôt que la dominer par la force.


