À 40 ans, Gaël Monfils a disputé le dernier match de Grand Chelem de sa carrière au deuxième tour de l’US Open 2026, battu par le jeune Américain Learner Tien (6-3, 6-4, 6-3) le 4 septembre sur le court Louis Armstrong. Une défaite sans appel sur le score, mais une soirée que le public new-yorkais a transformée en hommage vibrant pour l’un des joueurs les plus spectaculaires de sa génération.
Une élimination sans détour face à Learner Tien
Le scénario n’a laissé aucune place au suspense sportif. Face à un Tien auteur d’un tennis solide et sans faille, à seulement 20 ans, Monfils n’a jamais réussi à inverser la tendance. Trois sets à sens unique, conclus en un peu plus de deux heures, qui ont mis un terme à dix-huit participations du Parisien à l’US Open, pour un bilan de 34 victoires en carrière dans ce tournoi et une demi-finale atteinte en 2016, année où il avait culminé à la 6e place mondiale.
Mais au-delà du résultat, c’est l’ambiance du Louis Armstrong Stadium qui a marqué cette rencontre. Pendant toute la partie, le public a scandé « Mon-fils ! Mon-fils ! », rendant hommage à vingt-trois ans de carrière et à un style de jeu acrobatique resté gravé dans la mémoire des amateurs de tennis du monde entier.
« Le deuxième meilleur public après Paris »
Ému mais souriant au moment de quitter le court, Monfils a résumé sa trajectoire avec la légèreté qui a toujours fait sa marque : « Je suis venu ici en 2003 pour les juniors et me voilà en 2026. C’est une belle trajectoire. » Il a également salué la ferveur du public américain, qu’il a qualifié de « deuxième meilleur public » qu’il ait connu, juste derrière celui de Roland-Garros.
Signe du respect que le Français inspire jusque dans la nouvelle génération, Learner Tien lui-même a reconnu avoir grandi en admirant son adversaire du soir, et a confié espérer encore croiser sa route avant que Monfils ne quitte définitivement les courts.
La fin d’une génération dorée du tennis français
Le départ de Monfils s’inscrit dans une séquence marquante pour le tennis tricolore, qui voit disparaître les uns après les autres les visages qui l’ont porté pendant près de deux décennies. Avec Jo-Wilfried Tsonga et Richard Gasquet, déjà retraités, Monfils formait l’un des piliers de cette génération qui a longtemps porté les espoirs français en Grand Chelem et en Coupe Davis, sans jamais décrocher le graal en simple sur la scène majeure. Une page se tourne, dans un mouvement plus large qui a aussi vu partir des figures internationales comme Rafael Nadal, dont le palmarès reste une référence absolue du circuit.
Monfils a d’ores et déjà annoncé qu’il mettrait un terme définitif à sa carrière à la fin de la saison 2026, cet US Open marquant donc son ultime apparition dans un tournoi du Grand Chelem. Il a par ailleurs levé un coin du voile sur sa reconversion, expliquant en conférence de presse qu’il rejoindrait le secteur de la gestion de fortune au sein d’une entreprise suisse.
Le tennis français continue son parcours à New York
Pendant que Monfils savourait son dernier tour de piste, le reste du contingent tricolore a connu un sort contrasté à Flushing Meadows. Quentin Halys s’est incliné en cinq sets accrochés face à Alexander Zverev au terme d’un match interminable, tandis que Benjamin Bonzi et Arthur Géa ont, eux, validé leur billet pour le troisième tour. Une performance particulièrement notable pour Géa, 21 ans, qui atteint pour la première fois de sa carrière ce stade en Grand Chelem, où il affrontera l’Américain Michael Zheng.
De son côté, Arthur Fils, tête d’affiche du tennis français depuis l’éclosion de la nouvelle génération, avait créé la surprise en s’inclinant dès le premier tour face à Stefanos Tsitsipas, une désillusion qui contraste avec le sacre du Français quelques semaines plus tôt à Cincinnati. Entre les adieux de Monfils et l’émergence de joueurs comme Géa ou Bonzi, cet US Open 2026 illustre une transition en cours pour le tennis tricolore, entre nostalgie assumée et nouveaux relais à construire.


