Le 17 janvier 2026, à Adélaïde, Tomáš Macháč remportait son deuxième titre ATP en battant Ugo Humbert en finale — le même jour où son compatriote Jakub Menšík s’imposait à Auckland. C’était la première fois depuis 1982, et Ivan Lendl et Tomáš Šmíd, que deux joueurs tchèques remportaient un titre ATP la même semaine. Né à Beroun, médaillé d’or olympique en double mixte à Paris 2024 aux côtés de sa partenaire Kateřina Siniaková, Macháč a construit sa progression sur un tennis propre : régularité, vitesse de déplacement et qualité de frappe. Le cordage de Tomáš Macháč, un Yonex PolyTour Fire, comporte un réglage bien plus singulier que ce que l’on pourrait attendre.
Quel est le cordage de Tomáš Macháč ?
Macháč joue le Yonex PolyTour Fire, en full bed — le même cordage sur les montants et les travers. C’est confirmé par Tennisnerd, qui documente son matériel depuis plusieurs saisons. Le PolyTour Fire est un cordage réputé pour son équilibre entre contrôle et potentiel de lift, avec une réponse relativement tolérante pour un polyester — un profil cohérent avec un joueur qui joue souvent à plat ou légèrement lifté, avec beaucoup de vitesse de balle.
La tension du cordage de Tomáš Macháč : une valeur nettement plus basse qu’attendu
C’est le point le plus intéressant du matériel de Macháč, et il diffère sensiblement de ce que l’on pourrait supposer pour un cordage de ce type. Selon Tennisnerd, il corde autour de 20 kg (44 lbs) — une valeur que le site qualifie lui-même explicitement de basse pour un tamis de 100 pouces carrés, capable de générer beaucoup de profondeur de balle sans effort particulier.
Pour situer cet écart : la moyenne du circuit pour un montage polyester se situe aujourd’hui entre 22 et 24 kg. Macháč joue donc 2 à 4 kg en dessous de cette référence — un choix qui privilégie nettement la puissance et le confort au détriment du contrôle pur, contrairement à ce qu’impliquerait une tension « classique » pour ce type de cordage. Les logiques générales de ces arbitrages sont détaillées dans notre guide sur quelle tension choisir pour sa raquette de tennis.
Cette tension basse s’explique bien par le reste de son montage : combinée à un tamis de 100 pouces carrés, déjà généreux en tolérance et en puissance, elle produit un ensemble qui génère de la profondeur de balle sans que Macháč n’ait à forcer son geste — une caractéristique qui sert un jeu de fond de court construit sur la régularité plutôt que sur la frappe qui conclut le point d’entrée.
Les spécificités de ce cordage
Le PolyTour Fire se distingue par sa capacité à produire une balle lourde tout en conservant une trajectoire propre et lisible. Son diamètre de 1,25 mm offre un bon compromis entre accroche de balle, sensations et durabilité, avec une réponse relativement franche à l’impact sans excès de rigidité — ce qui permet de jouer avec engagement tout en limitant la fatigue du bras. Notre article sur la jauge du cordage détaille les arbitrages entre les différents diamètres disponibles sur cette gamme.
Associé à une tension basse, ce cordage conserve un comportement homogène sur la durée d’un match, ce qui renforce la confiance de Macháč dans ses frappes répétées — un point clé pour un joueur qui cherche à maintenir un niveau de jeu constant plutôt qu’à produire des coups isolés spectaculaires.
Le tamis de la raquette : un mold Yonex plus ancien que la VCORE 100 actuelle
Macháč est l’ambassadeur de la Yonex VCORE 100, mais selon l’analyse détaillée de Tennisnerd sur la forme de son cadre, il ne joue pas le modèle commercial actuel (édition 2023). Le moule de sa raquette personnelle ressemblerait davantage à celui de la VCORE SV 100, une version plus ancienne appréciée de plusieurs joueurs du circuit pour sa sensation plus brute et son absence d’amortissement supplémentaire — au prix d’un contrôle plus exigeant que sur les versions plus récentes, mieux adaptées aux joueurs intermédiaires et avancés du grand public.
Cette combinaison — un cadre déjà généreux en puissance, associé à une tension de cordage basse — dessine un profil cohérent : tout dans le montage de Macháč pousse vers la production de profondeur et de puissance sans effort, ce qui laisse au joueur davantage de marge pour se concentrer sur son placement et sa vitesse de déplacement plutôt que sur la génération de puissance elle-même.
Quels autres joueurs utilisent un cordage comparable à celui de Tomáš Macháč ?
La gamme Yonex PolyTour reste largement utilisée sur le circuit professionnel par des joueurs recherchant un équilibre entre contrôle, spin et confort, chez des profils très différents les uns des autres :
- Elena Rybakina, côté WTA, utilise exactement la même combinaison raquette-cordage (Yonex VCORE 100 et PolyTour Fire), ce qui en fait la comparaison la plus directe disponible pour ce montage précis.
- Jakub Menšík, tchèque comme Macháč et vainqueur d’Auckland le même jour qu’Adélaïde 2026, joue un matériel entièrement différent (Luxilon ALU Power sur une Wilson Blade 98 en 18×20) — une illustration supplémentaire de la diversité des choix matériels, y compris au sein d’une même génération nationale.
Reste une trajectoire à suivre avec attention. Passé du statut de joueur émergent en 2024, avec son premier quart de finale de Masters 1000 à Miami après des victoires sur Andy Murray et Matteo Arnaldi, à celui de double titré ATP en 2025-2026, Macháč continue de progresser régulièrement. Son matériel, construit autour de la facilité plutôt que de la contrainte, semble avoir trouvé un équilibre qui lui permet de concentrer son énergie ailleurs — sur le déplacement et la construction du point.


