Flavio Cobolli : portrait de la nouvelle référence italienne

Flavio Cobolli à l'US Open - crédits photo : Hameltion

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Le 5 juin 2026, Flavio Cobolli élimine son compatriote Matteo Arnaldi en demi-finale de Roland-Garros et devient, à 24 ans, le troisième Italien de l’histoire à disputer une finale du Grand Chelem parisien en simple messieurs. Un an plus tôt, il n’avait encore jamais dépassé un quart de finale de Grand Chelem. Cette ascension fulgurante, qui l’a mené jusqu’au 6e rang mondial à l’été 2026, fait de lui la nouvelle référence du tennis italien derrière Jannik Sinner. Portrait d’un joueur né à Florence, formé à Rome, et rattrapé par le tennis après avoir failli devenir footballeur professionnel.

De Trigoria à la Rome Tennis Academy

Flavio Cobolli naît le 6 mai 2002 à Florence, avant que sa famille ne s’installe rapidement à Rome. Il découvre le tennis dès l’âge de trois ans au Tennis Club Parioli, dans la capitale italienne, mais sa jeunesse est aussi marquée par le football : passionné par l’AS Roma, il intègre le centre de formation du club, à Trigoria, où il évolue comme arrière latéral jusqu’à ses treize ans. C’est là qu’il se lie d’amitié avec le futur international italien Edoardo Bove. Repéré très jeune par la légende de la Roma Bruno Conti, Cobolli aurait pu poursuivre dans le football, mais choisit finalement la raquette, encouragé par son père Stefano, ancien joueur professionnel plafonné à la 236e place mondiale, devenu son entraîneur.

Passé professionnel en 2020, Cobolli gravit les échelons du classement ATP à un rythme régulier plutôt que spectaculaire : Top 100 en octobre 2023, Top 50 en juin 2024, puis un bond décisif jusqu’au Top 10 en juin 2026, dans la foulée de sa finale à Roland-Garros. Il a franchi une étape moins prestigieuse mais révélatrice de sa progression face à un certain Kyrian Jacquet, qui l’avait battu en finale du Challenger d’Olbia en 2023, à une époque où l’Italien n’était encore qu’un espoir parmi d’autres du circuit secondaire.

Une saison 2026 qui a tout changé

Les deux premiers titres ATP de Cobolli, décrochés en 2025 à Bucarest puis à Hambourg, laissaient déjà entrevoir un joueur solide sur terre battue. Mais c’est la saison 2026 qui a transformé sa trajectoire. En février, il devient le premier Italien à remporter le tournoi d’Acapulco, décrochant au passage son premier titre sur dur en battant Frances Tiafoe en finale. En avril, il inflige à Munich la plus belle victoire de sa carrière en dominant Alexander Zverev — dont la raquette figure parmi les plus lourdes du circuit — avant de s’incliner en finale face à Ben Shelton.

Rien, pourtant, ne laissait présager le parcours accompli à Roland-Garros deux mois plus tard. Cobolli élimine Félix Auger-Aliassime en quart de finale, puis Matteo Arnaldi lors d’une demi-finale entièrement italienne, avant de s’incliner en cinq manches face à Alexander Zverev (6-1, 4-6, 6-4, 6-7, 6-1) dans sa première finale de Grand Chelem. Cette performance le propulse dans le Top 10 mondial pour la première fois de sa carrière. Il confirme cette montée en puissance à Wimbledon, où il atteint les quarts de finale pour la deuxième année consécutive en battant notamment Alex de Minaur, avant de poursuivre sa progression jusqu’à un nouveau meilleur classement, la 6e place mondiale, à la fin du mois d’août 2026.

Style de jeu : puissance offensive et jambes infatigables

Le style de jeu de Flavio Cobolli repose sur un tennis offensif de fond de court, construit autour d’un coup droit particulièrement dangereux dans les décalages, capable de faire basculer l’échange en un ou deux coups de raquette. Droitier avec un revers à deux mains, il alterne prise de risque et sécurité selon les situations, mais c’est surtout sa mobilité athlétique — héritée en partie de sa formation footballistique — qui impressionne le plus les observateurs du circuit : il couvre le court avec une aisance rare pour un joueur de sa puissance de frappe, ce qui lui permet de défendre efficacement avant de reprendre l’initiative.

Sa terre battue de prédilection reste la surface où son jeu s’exprime le mieux, entre patience tactique et accélérations soudaines, mais ses progrès récents sur dur, confirmés par le titre d’Acapulco, montrent une palette qui s’élargit. Sur le plan mental, Cobolli est unanimement décrit comme un compétiteur qui ne lâche jamais un point, un trait de caractère qui a fait la différence dans plusieurs de ses matches à rebondissements, à l’image de sa demi-finale de Roland-Garros 2026 face à Arnaldi.

Une pièce maîtresse du collectif italien

Au-delà de ses résultats individuels, Flavio Cobolli a été le joueur le plus utilisé de l’équipe d’Italie lors du troisième sacre consécutif du pays en Coupe Davis, fin 2025, une compétition disputée sur les courts du Foro Italico à Bologne. Sa polyvalence s’illustre également en double mixte : associé à la Suissesse Belinda Bencic, il a remporté le titre du tournoi de Indian Wells en 2026. Cette implication dans les compétitions par équipes traduit un tempérament collectif rare chez un joueur en pleine ascension individuelle, et rappelle le rôle central que joue le Foro Italico dans la formation des jeunes talents italiens, comme le rappelle notre article sur le Masters 1000 de Rome.

Perspectives

À 24 ans, Flavio Cobolli entre dans la partie la plus exposée de sa carrière. Sa finale à Roland-Garros, disputée face au même Alexander Zverev qu’il avait battu quelques semaines plus tôt à Munich, a confirmé qu’il pouvait rivaliser avec le gratin mondial sur un match couperet. Reste à savoir s’il parviendra à transformer cette saison de révélation en une présence durable dans le Top 10, à l’image de son compatriote Jannik Sinner, dont il pourrait devenir le principal lieutenant sur le circuit dans les années à venir.

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