Né le 27 décembre 1984 à Nice, Gilles Simon aura incarné pendant près de vingt ans une certaine idée du tennis français : celle du jeu intelligent, patient, capable de démonter les meilleurs frappeurs du circuit à force de variations et de relances impeccables. Retraité depuis novembre 2022, il reste l’un des joueurs les plus respectés de sa génération, bien au-delà de son palmarès brut.
Une ascension jusqu’à la 6e place mondiale
Sur le plan du classement, Gilles Simon atteint son sommet le 5 janvier 2009, date à laquelle il se hisse à la 6e place mondiale. Une performance remarquable pour un joueur qui n’a jamais été considéré comme un cogneur, mais qui a bâti sa réussite sur une lecture du jeu hors norme et une capacité rare à faire douter des adversaires beaucoup plus puissants que lui.
14 titres ATP en une carrière de vingt saisons
En simple, Gilles Simon totalise 14 titres ATP remportés entre 2007 et 2018, glanés notamment à l’Open 13 de Marseille (deux fois), au Moselle Open de Metz (trois fois) ou encore au tournoi de Bucarest (trois fois), auxquels s’ajoutent des succès à Sydney, Hambourg, en Thaïlande ou en Inde. Un palmarès qui reflète la régularité du Niçois plus que des éclats retentissants, mais qui témoigne d’une longévité impressionnante à haut niveau.
Des accomplissements en Grand Chelem ponctués de combats héroïques
En Grand Chelem, ses meilleurs résultats sont deux quarts de finale : à l’Open d’Australie en 2009 et à Wimbledon en 2015. Il atteint par ailleurs le quatrième tour à plusieurs reprises, à Roland-Garros comme à l’US Open. Mais c’est souvent dans la défaite que Gilles Simon a marqué les esprits : son huitième de finale face à Novak Djokovic à l’Open d’Australie 2016 reste dans les mémoires, un combat de plus de quatre heures conclu en cinq sets, où le Français avait poussé le Serbe, pourtant intouchable cette saison-là, dans ses ultimes retranchements. Il compte également des victoires marquantes sur les plus grands, dont Roger Federer à Toronto puis au Masters de Shanghai en 2008, ou Rafael Nadal en demi-finale de Madrid la même année.
La Coupe Davis et les Jeux Olympiques, l’esprit collectif
Le collectif occupe une place importante dans sa carrière. Sélectionné à plusieurs reprises en Coupe Davis, Gilles Simon fait partie de l’équipe de France sacrée championne en 2017, aux côtés notamment de Jo-Wilfried Tsonga et de Richard Gasquet. Il représente également la France aux Jeux Olympiques à trois reprises, en 2008, 2012 et 2016, sans toutefois dépasser le troisième tour.
Une retraite marquante au Masters de Paris-Bercy
Son adieu au circuit, en novembre 2022 lors du Rolex Paris Masters à Bercy, restera comme l’un des moments forts de la dernière décennie du tennis français. Porté par le public parisien, Simon élimine successivement Andy Murray puis Taylor Fritz avant de s’incliner en huitième de finale face à Félix Auger-Aliassime, 6-1, 6-3, le jeudi 3 novembre. Il met un terme à sa carrière à 37 ans, expliquant que son corps avait « atteint ses limites » après avoir « fait tout ce qu’il pouvait pendant longtemps ». Quelques mois plus tôt, à Roland-Garros 2022, il avait décroché la 500e victoire de sa carrière face à Steve Johnson, avant de disputer son dernier Roland-Garros, éliminé au troisième tour par Marin Cilic.
Un bilan de carrière qui parle pour lui
Au terme de vingt saisons professionnelles, Gilles Simon affiche un bilan de 504 victoires pour 394 défaites, avec 34 succès contre des joueurs classés dans le top 10 mondial. Des chiffres qui, à eux seuls, ne racontent qu’une partie de l’histoire d’un joueur devenu, pour beaucoup d’observateurs, l’un des plus fins tacticiens de sa génération.


