Benoît Paire - crédits photo : si.robi
En juillet 2026, on retrouve Benoît Paire sur le plateau de France Télévisions, consultant pour Roland-Garros, le crâne rasé, à côté des autres experts du service des sports. Blessé au dos depuis plus d’un an, celui qui fut 18ᵉ mondial en janvier 2016 n’a disputé que deux tournois Challenger dans l’année, tous deux perdus au premier tour. Vingt ans après ses débuts professionnels, l’Avignonnais incarne toujours ce même paradoxe : un joueur au talent unanimement reconnu, jamais parvenu à transformer ce don en carrière régulière, mais devenu malgré tout l’un des personnages les plus populaires du tennis français.
Né le 8 mai 1989 à Avignon, dans le Vaucluse, Benoît Paire découvre le tennis à cinq ans. Fils de Philippe et Eliane Paire, il doit choisir entre le football et le tennis à quinze ou seize ans — un choix qui se porte sur la petite balle jaune, pratiquée à l’origine pour se détendre. Sa progression junior est tardive : il n’explose véritablement qu’en 2007, année où il intègre le Centre national d’entraînement de la FFT. Il en est exclu quelques mois plus tard en raison de ses excès, un épisode fondateur qui donne le ton d’une carrière jamais linéaire.
Professionnel depuis 2007, Paire construit d’abord sa réputation sur le circuit Futures, où il remporte six titres, avant de s’imposer sur le circuit Challenger, avec huit titres à la clé. Sa percée sur le circuit principal intervient véritablement en 2015 : il remporte son premier titre ATP à Båstad, en Suède, en battant Tommy Robredo en finale, devenant au passage le premier joueur depuis Steve Darcis en 2007 à réussir le triplé Futures-Challenger-ATP sur une même saison. Il termine l’année 2015 désigné Comeback Player of the Year par ses pairs, après une saison marquée par une opération du genou gauche en septembre 2014. Le 11 janvier 2016, il atteint son meilleur classement ATP en carrière, la 18ᵉ place mondiale.
L’année 2015 est également marquée par l’une des victoires les plus emblématiques de sa carrière : au premier tour de l’US Open, il élimine Kei Nishikori, alors finaliste sortant du tournoi. Il atteint aussi une finale ATP 500 à Tokyo la même année, perdue face à son ami Stan Wawrinka. Trois ans plus tôt, en 2013, il s’était hissé en demi-finale du Masters 1000 de Rome, où il avait battu son tout premier top 10, Juan Martín del Potro, avant de s’incliner face à Roger Federer.
Sa carrière retrouve un second sommet en 2019, sa meilleure saison statistique avec 34 victoires et deux titres : le Grand Prix Hassan II à Marrakech, où il domine Pablo Andújar en finale, puis l’Open Parc Auvergne-Rhône-Alpes à Lyon, où il élimine Félix Auger-Aliassime. Ce doublé porte à trois son total de titres ATP en carrière, tous remportés sur terre battue en catégorie ATP 250. Au fil de sa carrière, il bat au total sept joueurs classés dans le top 10 mondial.
La suite est nettement plus heurtée. Paire ne retrouve plus jamais de demi-finale sur le circuit principal après la reprise du tennis post-Covid en août 2020, encaissant un bilan de 18 victoires pour 61 défaites sur cette période. Sa dégringolade au classement s’accélère au fil des saisons suivantes, ponctuée d’invitations en Challenger et de retours difficiles.
À l’été 2025, des douleurs chroniques au dos, ayant nécessité douze infiltrations en dix-huit mois, le poussent à mettre sa carrière entre parenthèses, glissant jusqu’à la 917ᵉ place mondiale. Après avoir confié avoir « hésité à prendre sa retraite », il retente un retour en janvier 2026 au Challenger de Soma Bay, en Égypte, où il s’incline dès le premier tour. Une nouvelle blessure à l’entraînement l’empêche ensuite d’honorer une invitation pour le Challenger de Troyes à l’été 2026, le conduisant à endosser, en parallèle, un rôle de consultant pour France Télévisions durant Roland-Garros.
Sur le plan national, il figure historiquement parmi les numérotés français du classement FFT. En janvier 2024, il livre l’un de ses derniers grands matchs médiatisés en battant Andy Murray en trois sets aux qualifications d’un tournoi majeur, un succès resté comme l’un des symboles de son talent toujours intact malgré l’irrégularité.
Droitier, mesurant 1,96 m, Benoît Paire dispose d’un gabarit imposant qui ne l’empêche pas d’afficher une remarquable vivacité dans ses déplacements — une combinaison rare associée à un répertoire de coups d’une grande diversité. Sa surface de prédilection reste la terre battue, où il a remporté l’intégralité de ses trois titres ATP, et son coup fort est son revers, capable de produire des angles et des variations que peu de joueurs du circuit savent reproduire.
Son style, souvent qualifié de « déconcertant » par la presse spécialisée, mélange fulgurances de très haut niveau et passages à vide inexpliqués, parfois au sein d’un même match. Cette irrégularité technique a nourri sa popularité particulière auprès des amateurs de tennis, qui l’identifient volontiers à un « joueur de club devenu professionnel », selon la formule consacrée par l’académie Mouratoglou. Paire a lui-même toujours assumé s’entraîner peu, en particulier sur le plan physique, considérant cette légèreté comme une condition de sa passion durable pour le jeu.
Benoît Paire est un joueur affilié à l’équipementier Babolat depuis de nombreuses années, marque avec laquelle il a également collaboré pour ses chaussures, portant notamment le modèle Propulse Fury All Court, choisi selon ses propres mots pour l’adhérence qu’il procure à un joueur de puissance comme lui. Aucune information précise et à jour n’a en revanche été identifiée concernant le modèle exact de raquette ou la configuration de cordage utilisés en 2026, la couverture spécialisée de son équipement remontant principalement au milieu des années 2010. Un article matériel dédié et actualisé constitue une opportunité de contenu, sous réserve de trouver une source récente et fiable.
La confrontation la plus emblématique de la carrière de Benoît Paire reste sa victoire sur Kei Nishikori au premier tour de l’US Open 2015, alors finaliste sortant du tournoi — la seule de ses sept victoires contre des joueurs du top 10 obtenue en Grand Chelem. Sa demi-finale au Masters 1000 de Rome 2013, marquée par sa première victoire sur un top 10 (Juan Martín del Potro) avant une défaite face à Roger Federer, reste également l’un des sommets statistiques de sa carrière.
Sur le plan amical, sa relation avec Stan Wawrinka occupe une place particulière : les deux joueurs se sont affrontés en finale de l’ATP 500 de Tokyo 2015, remportée par le Suisse, sans que cela n’entame leur proximité en dehors des courts. Paire partage par ailleurs avec des compatriotes comme Gaël Monfils, Richard Gasquet ou Gilles Simon le statut de représentant emblématique d’une génération française talentueuse jamais parvenue à décrocher de titre en Grand Chelem, un groupe régulièrement scruté et comparé par la presse tricolore. Sur le circuit Challenger, en fin de carrière, il croise également la route de joueurs plus jeunes comme Geoffrey Blancaneaux, symbole du passage de témoin générationnel au sein du tennis masculin français hors du top 100.
Fils de Philippe et Eliane Paire, frère de Thomas Paire, également joueur de tennis avec lequel il a fait équipe en double lors du tournoi de Lyon 2017, Benoît Paire vit à Genève, en Suisse, où il s’entraîne aux côtés de son coach Thierry Champion. Il a également évolué au sein de l’académie Mouratoglou entre 2018 et 2020, sous la direction de Morgan Bourbon. Supporter revendiqué de l’Olympique de Marseille, il a amassé plus de 9,5 millions de dollars de gains en carrière, un total considérable au regard de son seul palmarès de trois titres ATP, reflet de la longévité de sa présence sur le circuit principal.
Son image de personnage atypique, entre débordements sur le court et déclarations spontanées hors des courts, lui a valu d’être écarté de la délégation française aux Jeux olympiques de Rio en 2016 pour des raisons disciplinaires similaires à celles ayant motivé son exclusion du Centre national d’entraînement en 2007. Cette réputation de trublion ne l’a cependant jamais empêché de représenter la France en Coupe Davis, ni de nourrir une popularité particulière auprès du public, qui voit en lui un contrepoint assumé à la rigueur du circuit professionnel moderne.
En 2026, entre soins pour sa blessure au dos, apparitions comme consultant télé et lancement de sa propre marque de bière baptisée « Apairo », Benoît Paire prépare, sans le dire ouvertement, l’après-carrière qu’il a longtemps repoussée. Il affirme cependant n’avoir jamais officiellement raccroché, confiant vouloir « retrouver les courts » dès que son corps le lui permettra. Reste à savoir si ce retour, le énième d’une carrière semée d’obstacles physiques, lui offrira une dernière occasion de disputer les grands rendez-vous du circuit qu’il a marqué de son empreinte pendant près de deux décennies.
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