Cordage d’Alexander Bublik

Alexander Bublik
Alexander Bublik - Crédits photo : Hameltion

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En janvier 2026, Alexander Bublik atteignait la 10e place mondiale — son meilleur classement en carrière — quelques mois avant de signer, en avril, avec un équipementier qu’aucun joueur du top 20 n’avait choisi avant lui : la marque américaine Diadem. Le Kazakh de 29 ans, neuf titres ATP et réputé pour l’un des styles de jeu les plus imprévisibles du circuit — services à la cuillère, amorties en plein point crucial, coups entre les jambes en match officiel — a construit une relation au matériel à l’image de sa personnalité : changeante, expérimentale, jamais figée. Le cordage d’Alexander Bublik en porte la marque, mais un principe reste étonnamment constant depuis des années : sa méthode pour aplatir sa frappe grâce au réglage du cordage plutôt qu’au geste.

Quel cordage utilise Alexander Bublik ?

Selon le relevé le plus récent de Tennisnerd, réalisé au tournoi de Halle en juin 2026, Bublik joue un hybride boyau naturel en montants et HEAD Hawk en travers, sur sa nouvelle raquette Diadem — possiblement un prototype non encore commercialisé, information non confirmée à ce stade.

Ce montage tranche nettement avec son historique. Bublik a en effet changé de cordage à de multiples reprises au cours de sa carrière : Babolat RPM Blast sur son ancienne Pure Aero, puis un hybride avec du boyau ou du multifilament, puis un passage au Yonex Polytour Pro, puis un retour au full bed, avant de s’installer plusieurs saisons durant sur le Tecnifibre Razor Code — un choix qui avait d’ailleurs suscité la controverse, puisqu’il était alors sous contrat avec Tecnifibre tout en jouant un cadre d’un tout autre équipementier, une situation que le joueur a lui-même reconnue publiquement dans un documentaire de l’ATP.

Son passage chez Diadem en avril 2026 s’inscrit dans un projet inhabituel baptisé Project Bublik : plutôt que de développer sa raquette signature en secret pour la dévoiler une fois finalisée, Diadem a choisi de rendre public tout le processus de développement, avec des versions intermédiaires déjà commercialisées. « Ce n’est pas encore fini. On continue d’affiner, de pousser, de chercher la perfection », a expliqué Bublik dans une communication de la marque. Un choix de transparence qui reflète bien la personnalité d’un joueur qui ne s’est jamais interdit de changer d’avis sur son matériel.

La tension du cordage d’Alexander Bublik : les travers plus tendus que les montants

C’est le point le plus caractéristique et le mieux documenté du matériel de Bublik, constant depuis plusieurs saisons quels que soient les cordages utilisés : il monte systématiquement ses travers plus tendus que ses montants. Sur son dernier relevé (Halle 2026), le boyau en montants est tendu environ deux kilos au-dessus du Hawk en travers — soit l’inverse de la logique généralement observée sur ce type de montage.

Cette inversion s’explique par un objectif technique précis, documenté par Tennisnerd : casser l’angle de lift naturel de sa raquette. Un cadre aérodynamique comme ceux que joue Bublik a tendance à faire décoller la balle plus haut à l’impact. En tendant ses travers plus fort que ses montants, il réduit ce phénomène et conserve des trajectoires plus plates — un choix cohérent avec un jeu qui privilégie la frappe à plat et la prise de risque plutôt que le lift lourd de fond de court.

C’est un réglage délibéré et récurrent, pas une lubie ponctuelle : on le retrouve identiquement sur des montages de cordage pourtant très différents au fil des saisons, ce qui indique qu’il s’agit d’un principe personnel plutôt que d’un ajustement lié à un produit particulier. Les logiques générales de tension, notamment la question du différentiel montants/travers, sont détaillées dans notre guide sur quelle tension choisir pour sa raquette de tennis, et le principe du montage hybride est développé dans notre guide du cordage hybride.

Sur son ancien montage en Tecnifibre Razor Code, les tensions observées se situaient généralement entre 22 et 24 kg, avec des variations selon les conditions de jeu.

Ce que ce réglage apporte au jeu d’Alexander Bublik

Bublik développe un tennis extrêmement offensif, construit sur un service parmi les plus rapides du circuit et une volonté constante de raccourcir les points. C’est un profil de joueur qui cherche à dicter l’échange dès la première frappe, quitte à prendre des risques que peu d’autres joueurs du top 20 assumeraient.

Aplatir la trajectoire pour servir un jeu de prise de risque

Le principe des travers tendus sert directement cette identité. Une trajectoire plate laisse moins de marge au-dessus du filet qu’une trajectoire liftée, mais elle est aussi plus rapide et plus difficile à anticiper pour l’adversaire — exactement le compromis que recherche un joueur construit sur la vitesse d’exécution plutôt que sur la construction patiente du point.

Le boyau naturel en montants, dans son montage actuel, complète cette logique d’une manière moins évidente qu’il n’y paraît : loin d’être un choix de confort pur, il permet de conserver un minimum de sensation et de temps de contact sur un montage par ailleurs conçu pour produire des trajectoires sèches et rapides — utile notamment pour les amorties, coup que Bublik utilise fréquemment en rupture de rythme.

Un joueur qui teste plus qu’il ne se fixe

Il faut noter que Bublik reste, par tempérament, l’un des joueurs qui expérimente le plus son matériel sur le circuit. Le fait qu’il ait accepté d’entrer dans un partenariat aussi ouvertement évolutif que Project Bublik — où chaque nouvelle version du cadre est présentée comme un « point d’étape » plutôt qu’un produit fini — est cohérent avec cette disposition à ne jamais considérer son équipement comme définitivement figé.

Le tamis de la raquette : un projet encore mouvant

Contrairement à la plupart des joueurs présentés sur ce site, le cadre de Bublik ne peut pas être décrit avec la précision habituelle, précisément parce qu’il est au cœur d’un développement continu avec Diadem depuis avril 2026. Le lancement commercial du « Project Bublik » propose trois variantes — un 100 pouces carrés léger, un 100 pouces carrés plus lourd, et un 98 pouces carrés au plan de cordage plus fermé (16×20) — sans que l’on sache avec certitude laquelle de ces versions Bublik utilise en compétition, ni si son cadre personnel correspond exactement à l’une d’entre elles.

Cette instabilité matérielle n’est pas nouvelle chez lui : avant son passage à Diadem, il avait déjà été aperçu à plusieurs reprises avec des cadres masqués sous une peinture noire uniforme, y compris un prototype Tecnifibre alors qu’il était toujours sous contrat, ce qui avait suscité la question d’une possible entorse contractuelle.

Quels joueurs partagent une approche similaire à celle d’Alexander Bublik ?

Le principe des travers tendus plus fort que les montants reste rare sur le circuit, où la convention inverse — montants plus tendus — domine largement chez les joueurs en hybride, comme Novak Djokovic ou Alexander Zverev.

Sur le plan du profil de jeu — puissance de service et prise de risque assumée —, Jack Draper offre un point de comparaison partiel, bien que le Britannique reste sur un registre matériel beaucoup plus stable et conventionnel que celui de Bublik.

Ce qui distingue vraiment Bublik, c’est moins le produit utilisé — qui change au gré de ses contrats et de ses envies — que la constance de ce principe de réglage à travers toutes ces variations : quel que soit le cordage, l’idée de tuer l’angle de lift par la tension revient systématiquement.

Reste une trajectoire à surveiller de très près. Passé du statut d’outsider excentrique à celui de membre régulier du top 20, avec un pic à la 10e place mondiale en janvier 2026, Bublik s’engage dans une aventure matérielle inédite pour un joueur de ce niveau : co-développer publiquement sa propre raquette avec une marque émergente. Si le projet aboutit à un cadre stabilisé, il sera intéressant de voir si son cordage évolue en conséquence, ou si le principe des travers tendus, devenu sa signature, traverse lui aussi ce changement d’équipementier.

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