Matériel

Cordage de Laura Siegemund

En juillet 2025, à Wimbledon, Laura Siegemund éliminait Madison Keys, alors 6e mondiale, pour rejoindre le quatrième tour à 37 ans — sa meilleure performance en carrière dans ce tournoi, et la première fois qu’elle dépassait le deuxième tour en cinq participations. Elle devenait ainsi la sixième joueuse de l’ère Open à atteindre ce stade à un âge aussi avancé, aux côtés de noms comme Billie Jean King ou les sœurs Williams. Professionnelle depuis 2006, l’Allemande — triple championne du Grand Chelem en double, dont l’US Open 2020 avec Vera Zvonareva — a construit sa longévité sur l’intelligence tactique plutôt que sur la puissance. Le cordage de Laura Siegemund, un Yonex PolyTour Pro, comporte un réglage documenté qui va bien au-delà de la simple « plage intermédiaire ».

Quel est le cordage de Laura Siegemund ?

Siegemund joue le Yonex PolyTour Pro, confirmé par de multiples sources gear. C’est un polyester réputé pour son comportement neutre et linéaire, orienté vers le contrôle et la constance plutôt que vers la puissance gratuite ou l’effet excessif — un choix cohérent avec un jeu qui privilégie la variation et la précision plutôt que la frappe qui conclut le point d’entrée.

La tension du cordage de Laura Siegemund : l’une des plus basses jamais documentées

C’est le point le plus marquant du matériel de Siegemund, et il contredit très largement l’idée d’une « tension intermédiaire ». Lors du tournoi de Stuttgart en 2025, un cordeur officiel de l’équipe Yonex présent sur place a documenté sa tension exacte : 12 kilogrammes — un réglage qualifié d’« ultra-souple » par la source elle-même, qui précise qu’il apporte énormément de sensation et de potentiel d’effet, au prix de certaines difficultés à contrôler la balle.

Pour situer l’ampleur de cet écart : la moyenne du circuit WTA pour un montage polyester se situe aujourd’hui entre 20 et 23 kg. Siegemund joue donc à moins de la moitié de cette référence — l’un des réglages les plus extrêmes documentés sur le circuit professionnel, tous genres confondus. Les logiques générales de ces arbitrages sont détaillées dans notre guide sur quelle tension choisir pour sa raquette de tennis, mais le cas de Siegemund se situe largement en dehors des standards qui y sont décrits.

Les spécificités de ce cordage

Le Yonex PolyTour Pro se distingue par sa tenue de tension solide et sa réponse homogène. Notre article sur la jauge du cordage détaille les arbitrages entre les différents diamètres disponibles sur cette gamme.

Associé à une tension aussi basse, ce cordage change radicalement de nature : loin du profil de contrôle qu’on lui prête généralement en tension normale, il devient ici un outil de sensation extrême, produisant un tamis très permissif qui génère une profondeur de balle considérable sans effort particulier de la part de la joueuse.

Ce que ce réglage apporte au jeu de Laura Siegemund

Siegemund développe un tennis très construit, fondé sur le toucher, le slice, les changements de rythme et une excellente lecture du jeu. Capable d’alterner phases défensives, contre-attaques et montées au filet, elle a besoin d’un matériel qui accompagne cette créativité plutôt que de la contraindre.

Une tension aussi basse sert précisément cette identité : elle maximise le temps de contact avec la balle et la sensation à l’impact, deux paramètres essentiels pour un jeu qui repose sur le dosage plutôt que sur la puissance. C’est un choix qui aurait été impensable pour une frappeuse pure, mais qui devient parfaitement cohérent pour une joueuse dont l’arme principale est la variation — slice, amortie, changement de rythme — plutôt que la vitesse de balle brute.

Quelles autres joueuses partagent un profil de jeu comparable à celui de Laura Siegemund ?

Le PolyTour Pro reste largement utilisé sur le circuit WTA, mais aucune joueuse déjà publiée sur votre site ne partage une tension aussi extrême que celle de Siegemund.

Sur le plan du profil de jeu — intelligence tactique et variation plutôt que puissance —, elle se distingue nettement de Sorana Cîrstea, joueuse offensive directe, et se rapproche davantage de la polyvalence tactique de Kateřina Siniaková, bien que les deux joueuses utilisent des cordages différents.

Reste une carrière remarquable à saluer dans sa globalité. Spécialiste du double reconnue — 16 titres WTA dans cette discipline, dont un titre du Grand Chelem à l’US Open 2020 et deux titres de double mixte en Grand Chelem — Siegemund a également prouvé en 2025, à 37 ans, qu’elle restait capable de bousculer le top 10 en simple. Son cordage extrêmement souple, aussi surprenant soit-il sur le papier, accompagne fidèlement cette identité de joueuse qui a toujours préféré la ruse à la force.

Bertrand Connin

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