Tennis amateur

TMC : qu’est-ce que c’est ?

11 575 tournois multi-chances figurent au calendrier de la Fédération française de tennis pour la saison 2026. Créé en 2011 pour relancer la compétition féminine, le TMC est devenu le format qui structure le tennis amateur français : trois matchs garantis, une journée ou un week-end, vingt-quatre joueurs maximum. Mais une question revient systématiquement chez les licenciés, et c’est celle à laquelle presque personne ne répond clairement : un match de TMC compte-t-il autant qu’un match de tournoi open pour le classement ? La réponse est non — et tout dépend du format retenu par l’organisateur.

TMC : la définition en une phrase

TMC est l’abréviation de Tournoi Multi-Chances. Le principe : quel que soit votre résultat, vous disputez le même nombre de matchs que tous les autres participants, généralement trois minimum.

C’est l’inverse du tournoi open à élimination directe, où une défaite au premier tour signifie un seul match joué et le retour à la maison. En TMC, perdre ne vous sort pas du tournoi : cela vous fait basculer dans les matchs de classement, qui déterminent votre place finale sur l’ensemble du tableau.

Les participants sont regroupés par poules homogènes : tout le monde a sensiblement le même niveau, avec des bornes de classement minimum et maximum fixées par le cahier des charges de la ligue.

Comment se déroule un TMC : l’exemple d’un tableau à 8 joueurs

Le tableau de 8 est le plus courant, et il tient en une journée. Voici comment il se déroule :

MomentTableau principalTableau de classement
MatinQuarts de finale (8 joueurs)
Début d’après-midiDemi-finales (4 vainqueurs)Demi-finales des 4 perdants
Fin d’après-midiFinale (1re place) et match pour la 3eMatchs pour la 5e et la 7e place

Résultat : chaque joueur dispute trois matchs dans la journée, du vainqueur au dernier du classement. Personne ne rentre chez lui après une heure de jeu.

Les tailles de tableaux autorisées sont 8 (minimum), 12, 16 ou 24. Un TMC ne peut jamais accueillir plus de 24 participants — c’est une règle stricte, et c’est ce qui garantit le caractère « à taille humaine » du format.

Sur la durée, la référence fédérale nationale est de un à deux jours et demi. Attention toutefois : certains cahiers des charges de ligue vont jusqu’à trois jours selon le nombre d’inscrits. Vérifiez celui de votre ligue.

Les formats de jeu en TMC

Pour enchaîner trois matchs dans la journée, il faut raccourcir les rencontres. La FFT a normé quatre formats utilisables en TMC :

FormatDéroulement
Format 22 sets à 6 jeux ; 3e set = super jeu décisif à 10 points
Format 32 sets à 4 jeux ; point décisif ; jeu décisif à 4-4 ; 3e set = super jeu décisif
Format 52 sets à 3 jeux ; point décisif ; jeu décisif à 2-2 ; 3e set = super jeu décisif
Format 62 sets à 4 jeux ; point décisif ; jeu décisif à 3-3 ; 3e set = super jeu décisif

Le point décisif signifie qu’à 40A, on ne joue pas les avantages : un seul point départage, et c’est le relanceur qui choisit son côté de réception.

Point important, souvent ignoré : pour les TMC de 3e et 4e série, plusieurs ligues imposent exclusivement les formats courts 3, 5 ou 6. Le format 2 est plutôt réservé aux 2es séries et aux joueurs déjà aguerris.Si vous voulez connaître tous nos conseils pour perfer en TMC, la rédaction de Culture Tennis s’est associée à Pauline PAYET, joueuse de tennis professionnelle, numérotée française, ex 577 WTA, coach de tennis diplômée d’Etat pour vous concocter un e-book dédié à la réussite de votre TMC.

Classement FFT : ce qu’un match de TMC rapporte vraiment

C’est le point décisif de tout le sujet, et celui que la plupart des articles passent sous silence.

Un match de TMC est un match officiel, enregistré et pris en compte dans votre bilan des douze derniers mois. Mais la FFT applique un coefficient de pondération selon le format de jeu, pour rétablir l’équité avec les matchs joués au format traditionnel.

  • Coefficient 1 : formats 1, 2 et 4, c’est-à-dire les sets à 6 jeux. Un TMC en format 2 compte donc exactement comme un tournoi open.
  • Coefficient réduit : les formats courts. La FFT indique une pondération située entre 40 et 60 % selon le format. Concrètement, les valeurs relevées sont de l’ordre de 0,6 pour le format 3 et 0,4 pour le format 5.

Un exemple chiffré rend la chose limpide. Supposons qu’une victoire vous rapporte 90 points au barème :

  • en format 2 (coefficient 1) → 90 points
  • en format 3 (coefficient 0,6) → 54 points
  • en format 5 (coefficient 0,4) → 36 points

Autrement dit, la même performance sportive ne pèse pas pareil selon la case cochée par l’organisateur. Avant de vous inscrire en visant une montée, regardez le format annoncé sur Ten’Up.

Cela ne rend pas le TMC inintéressant pour progresser, au contraire : trois matchs pondérés à 0,6 pèsent davantage qu’un seul match à coefficient 1 perdu au premier tour d’un open. Mais l’arithmétique mérite d’être connue. Pour le détail du calcul du bilan et des seuils de montée, voir notre article sur comment fonctionne le classement au tennis et celui sur comment consulter son classement sur Ten’Up.

Deux rappels utiles : le classement est recalculé chaque mois, publié le premier mardi, et une victoire par forfait (WO) ne rapporte aucun point.

Peut-on perfer en TMC ?

Oui, et c’est même l’un des meilleurs terrains pour ça — à condition de comprendre la mécanique.

Pour monter d’un échelon, il faut deux choses simultanément : atteindre le nombre de points requis et avoir battu au moins un joueur du classement visé. Un TMC vous met face à trois adversaires de niveau proche en une journée : statistiquement, c’est trois occasions de décrocher cette victoire de référence, là où un open n’en offre qu’une si vous sortez d’entrée.

L’autre avantage est la densité du plateau. Les bornes de classement resserrent le niveau, donc les matchs sont disputés et les écarts faibles. Notre article sur le classement à partir duquel on est considéré comme bon au tennis situe ces paliers.

Le revers de la médaille est physique : trois matchs en une journée, parfois quatre, avec une récupération réduite. C’est un format qui se prépare.

Voici ci-dessous un guide réalisé par Pauline Payet, 577 ème joueuse mondiale, pour vous aider à réussir votre TMC, tant sur le plan physique, récupération, préparation que tennistique.

Les TMC simple mixte : la nouveauté à connaître

Depuis décembre 2024, les TMC simple mixte sont des compétitions officielles, ouvertes aux joueuses et joueurs de 4e série.

Le principe : une femme et un homme s’affrontent en simple, et le résultat compte pour le classement des deux. Une victoire face à une joueuse classée 30/3 vaut une victoire à 30/3, et réciproquement — avec application du coefficient de format habituel.

Ce dispositif répond à un problème concret identifié par la FFT : trop d’épreuves féminines annulées faute de participantes en nombre suffisant. Une expérimentation menée en 2023 sur six territoires a porté sur près de 300 matchs avant l’homologation officielle.

Une limite à connaître : un joueur qui bat une joueuse d’un échelon supérieur ne pourra pas accéder à cet échelon sur cette seule base, en raison de la règle de limitation de montée.

Comment trouver et s’inscrire à un TMC

Les TMC sont homologués par les clubs auprès de leur comité départemental, puis publiés sur Ten’Up, la plateforme officielle de la FFT. C’est là que se fait la recherche par date, par lieu et par catégorie de classement, et généralement le paiement de l’inscription.

Quelques points pratiques :

  • Les clubs sont soumis à des quotas : à titre d’exemple, la Ligue des Hauts-de-France limite chaque club à 2 TMC 2e série, 4 TMC 3e série et 6 TMC 4e série par saison. Les places partent vite.
  • Vous devez être licencié FFT et respecter les bornes de classement de l’épreuve.
  • Vous vous engagez à rester à disposition du juge-arbitre pendant toute la durée du tournoi — c’est la contrepartie du format : les horaires s’enchaînent et un forfait désorganise le tableau entier.
  • Il ne peut pas exister d’épreuve de consolante associée à un TMC : les matchs de classement en tiennent lieu.

Ce que le TMC change vraiment pour un joueur de club

Au-delà de la mécanique, trois choses expliquent le succès du format.

Le rapport matchs/prix. Pour un tarif d’inscription comparable à celui d’un open, vous jouez trois matchs au lieu d’un ou deux. Si vous avez tendance à sortir tôt des tableaux, l’écart est considérable.

La maîtrise du calendrier. Vous bloquez une journée ou un week-end, et vous connaissez vos horaires à l’avance. Fini les convocations la veille pour le lendemain et les tournois qui s’étalent sur trois semaines.

La convivialité. Comme tout le monde est convoqué en même temps et attend sur place entre deux matchs, le temps passé au club dépasse largement le temps de jeu. Repas collectif, animations pour les TMC jeunes : c’est explicitement inscrit dans le cahier des charges, qui impose au club un club-house avec vestiaires et sanitaires accessibles.

C’est aussi pour cela que le format est recommandé à ceux qui n’ont jamais fait de tournoi, ou qui reprennent après plusieurs années : la pression du couperet disparaît, et l’on repart avec trois matchs de référence plutôt qu’une élimination.

Reste une évolution à surveiller. Avec 11 575 TMC homologués en 2026 et une ouverture progressive à toutes les séries — jusqu’aux joueurs classés 0 —, le format n’est plus le complément marginal des opens qu’il était en 2011. La question qui se pose désormais est celle de la pondération : si le TMC devient le mode de compétition dominant chez les amateurs, un classement construit majoritairement sur des matchs à coefficient 0,4 ou 0,6 gardera-t-il le même sens ? C’est le débat que la FFT devra trancher dans les prochaines saisons.

Bertrand Connin

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