Crédits photo : Instagram / Richard Gasquet
Peu de joueurs français auront autant marqué le tennis hexagonal que Richard Gasquet. Prodige repéré dès l’âge de neuf ans, capable à 18 ans de battre le numéro un mondial, puis increvable jusqu’à ses adieux à Roland-Garros en 2025, le Biterrois a bâti l’un des palmarès les plus fournis du tennis français de l’ère Open. Retour sur les chiffres et les temps forts d’une carrière qui aura duré vingt-trois saisons.
Né le 18 juin 1986 à Béziers, Richard Gasquet est passé professionnel en 2002 et s’est très vite fait un nom bien avant même de disputer ses premiers tournois du Grand Chelem, sa précocité ayant fait de lui l’une des attractions du tennis français dès son adolescence. Mais c’est un match qui a véritablement lancé sa carrière aux yeux du grand public : en 2005, à Monte-Carlo, encore âgé de 18 ans, il élimine Roger Federer, alors numéro un mondial, au huitième de finale. Un exploit qui installe durablement Gasquet dans le haut du tennis mondial et nourrit des attentes considérables autour de son jeu, en particulier son revers à une main, souvent cité comme l’un des plus esthétiques de sa génération.
Sur l’ensemble de sa carrière, Richard Gasquet a remporté seize titres ATP en simple, entre 2005 et 2023, sur toutes les surfaces : trois sur terre battue (Gstaad, Nice, Estoril), trois sur gazon (Nottingham à deux reprises, ainsi que le Libéma Open aux Pays-Bas), trois sur dur en extérieur (Mumbai, Doha, Auckland) et six en salle, dont trois à Montpellier, tournoi où il a toujours affiché une réussite particulière devant son public. Son dernier sacre est survenu en 2023 à Auckland, où il s’impose à 36 ans, preuve d’une longévité rare à un tel niveau. Côté classement, son sommet reste la septième place mondiale, atteinte le 9 juillet 2007, dans la foulée de sa demi-finale à Wimbledon.
C’est sans doute le regret d’une carrière autrement très riche : Richard Gasquet n’a jamais disputé de finale de tournoi du Grand Chelem, malgré trois demi-finales. La première survient à Wimbledon en 2007, où il s’incline face à Roger Federer, futur vainqueur du tournoi. Il retrouve ce stade de la compétition à l’US Open 2013, où Rafael Nadal le domine en trois sets avant de soulever le trophée à New York quelques jours plus tard. Sa troisième demi-finale de Grand Chelem intervient à Wimbledon en 2015, où Novak Djokovic met fin à son parcours. À chaque fois, Gasquet aura donc buté sur l’un des membres du « Big Three », ce qui résume assez bien la difficulté à percer au sommet durant cette période particulièrement dense de l’histoire du tennis masculin. Il compte également trois finales en Masters 1000, sans jamais parvenir à décrocher ce titre.
Si le palmarès individuel de Richard Gasquet ne compte pas de trophée majeur, son bilan collectif est bien plus enviable. Il fait partie de l’équipe de France qui remporte la Coupe Davis en 2017 face à la Belgique, en s’imposant en double aux côtés de Pierre-Hugues Herbert lors de la finale à Lille. La même année, il soulève également la Hopman Cup en Australie, associé à Kristina Mladenovic. Deux titres collectifs qui viennent compléter une carrière construite autant sur la constance individuelle que sur l’engagement pour l’équipe de France.
Au-delà des titres, c’est la régularité de Richard Gasquet qui impressionne le plus. Il a passé dix-neuf saisons consécutives dans le top 100 mondial, une performance de longévité peu commune, et a disputé un nombre record de tournois du Grand Chelem au cours de sa carrière. Son bilan final s’élève à 610 victoires en carrière pour 408 défaites, ce qui fait de lui le joueur français ayant remporté le plus de matchs sur le circuit depuis le début de l’ère Open, devant des figures comme Yannick Noah ou Guy Forget. Ses gains en carrière dépassent les 21 millions de dollars.
Richard Gasquet avait annoncé, avant l’édition 2025 de Roland-Garros, que le tournoi parisien marquerait la fin de sa carrière professionnelle. Il boucle cette dernière saison avec panache : au premier tour, il domine le jeune Terence Atmane sous les acclamations du court Philippe-Chatrier, avant de s’incliner au tour suivant face à Jannik Sinner, alors numéro un mondial. Une sortie par la grande porte, dans le tournoi où il avait fait ses grands débuts vingt ans plus tôt, et qui referme définitivement le chapitre professionnel de l’un des joueurs français les plus attachants et les plus techniquement doués de sa génération.
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