Raquette de Jakub Mensik : l’aller-retour entre 18×20 et 16×19

Jakub Mensik à l'US Open 2023
Jakub Mensik à l'US Open 2023 - crédits photo : Hameltion

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Jakub Mensik a battu Novak Djokovic en finale du Masters 1000 de Miami 2025, à dix-neuf ans, en deux tie-breaks — devenant le vainqueur le plus mal classé de l’histoire du tournoi. Un an plus tard, le Tchèque atteignait sa première demi-finale de Grand Chelem à Roland-Garros. Son dossier matériel contient une singularité que très peu de joueurs de ce silo partagent : il a changé de plan de cordage, puis fait marche arrière.

Quelle raquette utilise Jakub Mensik ?

Jakub Mensik est sous contrat avec Wilson. Le cadre qu’il utilise est le Blade 98 en version 18×20, aujourd’hui dans sa génération V10.

Fait notable dans ce silo : contrairement à une bonne partie du circuit féminin, qui affiche une livrée Blade tout en jouant un moule Steam entièrement différent — un phénomène que nous détaillons dans notre article sur la raquette de Mirra Andreeva —, Mensik semble bien jouer un Blade. Une hypothèse ancienne évoquait un pro stock de la même famille, le H22, commercialisé sous le nom Blade Pro, sans confirmation ultérieure.

Le choix du plan 18×20 le place dans un groupe restreint. C’est la version la plus fermée de la ligne, très minoritaire sur le circuit, que partage notamment Aryna Sabalenka, dont nous détaillons le montage dans notre article sur la raquette d’Aryna Sabalenka.

Poids et équilibre de la raquette de Jakub Mensik

Les spécifications exactes ne sont pas connues publiquement. En revanche, une indication qualitative circule, reprise du circuit lui-même : Mensik utiliserait davantage de poids statique, mais avec un point d’équilibre ramené vers le manche, ce qui rend sa raquette plus « en manche » que la moyenne.

C’est une combinaison logique pour son profil. Ajouter de la masse apporte de la stabilité face aux balles lourdes ; ramener l’équilibre vers la main préserve la vitesse de rotation de la raquette au service et la réactivité en retour. Un joueur de 1,93 m doté d’un service parmi les plus puissants du circuit a besoin des deux.

Nous n’avons trouvé ni chiffre de poids, ni swingweight, ni tension confirmés, et nous préférons le signaler plutôt que d’avancer des estimations.

La taille du tamis : 632 cm²

Le tamis de la raquette de Jakub Mensik mesure 98 pouces carrés, soit environ 632 cm² — le format resserré du Blade, orienté contrôle et précision de ciblage.

Associé au plan de cordage le plus fermé de la gamme, ce tamis produit l’un des montages les moins « assistés » de ce silo : la raquette n’ajoute quasiment aucune puissance. Chaque kilomètre-heure vient du joueur, ce qui n’est pas un problème pour un frappeur de ce gabarit.

Plan de cordage : un aller-retour rare

C’est l’élément le plus intéressant du dossier, et il est documenté. Mensik jouait initialement un 18×20. Il est ensuite passé pendant un temps au 16×19, plus ouvert, afin d’obtenir davantage de profondeur sans effort supplémentaire. Puis, à la sortie de la génération V10 du Blade, il est revenu au 18×20.

Ce type d’aller-retour est rare sur le circuit. La plupart des professionnels figent leur plan de cordage très tôt, précisément parce que la trajectoire de sortie de balle change du tout au tout entre les deux configurations : un 16×19 fait partir la balle plus haut et avec plus de rotation, un 18×20 la fait partir plus bas et plus droit. Notre article sur la jauge du cordage détaille ce compromis.

Ce que raconte cet aller-retour, c’est un joueur qui a testé la solution de facilité — laisser le cadre produire la profondeur — avant de conclure qu’il préférait la contrôler lui-même. Un choix de frappeur confiant, comparable dans l’esprit à celui de Lorenzo Musetti, qui a lui aussi essayé puis rejeté un cadre plus permissif, comme nous le racontons dans notre article sur la raquette de Lorenzo Musetti.

Ce que sa raquette dit de son style de jeu

Le montage de Mensik obéit à une logique de contrôle intégral d’une puissance déjà énorme.

Le tamis resserré limite la surface de rebond. Le plan 18×20 écrase l’effet de fronde du cordage et abaisse la trajectoire. La masse ajoutée stabilise le cadre face aux frappes les plus lourdes. Rien, dans cet ensemble, ne cherche à produire de la puissance — parce que le service et le coup droit s’en chargent.

C’est la même philosophie que celle de Novak Djokovic, qui joue également un 18×20 sur un cadre orienté contrôle, comme nous le détaillons dans notre article sur la raquette de Novak Djokovic. Une coïncidence savoureuse : c’est précisément le Serbe que Mensik a battu en finale à Miami, deux tie-breaks à zéro, avec deux montages construits sur la même intuition.

Le service, révélateur du montage

Le service de Mensik est l’arme qui a construit sa percée, et le coup où l’équilibre en manche prend tout son sens. Un cadre dont la masse est ramenée vers la main tourne plus vite dans le geste de lancer-frappe, ce qui se traduit directement en vitesse de balle.

Le plan de cordage 18×20 intervient ensuite : sur une première balle lancée à très grande vitesse, il verrouille la trajectoire et évite que la puissance générée ne se traduise par des fautes. C’est le même raisonnement que celui d’Alexander Zverev, autre grand serveur en 18×20, dont nous détaillons le cadre dans notre article sur la raquette d’Alexander Zverev — et qui l’a précisément battu en demi-finale à Roland-Garros 2026.

Personnalisation : plus de masse, moins en tête

Le lestage. L’information disponible est qualitative plutôt que chiffrée : davantage de poids statique, mais un équilibre ramené vers le manche. Cela suppose une masse répartie au moins en partie dans le manche, à l’inverse d’un plombage classique en tête de raquette comme celui de Mirra Andreeva.

Le cordage. Mensik joue du Luxilon Alu Power, le monofilament le plus répandu du circuit professionnel. C’est le même cordage que Coco Gauff, Jack Draper ou Mirra Andreeva, et celui que Novak Djokovic utilise en travers de son montage hybride, comme le rappelle notre article sur le cordage de Novak Djokovic.

La tension. Elle n’a pas été confirmée publiquement. Sur un cadre 18×20 déjà peu puissant, elle constitue pourtant le paramètre le plus déterminant du montage — c’est la donnée que ce dossier gagnerait le plus à voir documentée.

L’historique raquette de Jakub Mensik

Né à Prostějov en septembre 2005, Mensik a commencé le tennis à cinq ans dans une ville qui a formé une bonne partie du tennis tchèque moderne. Wilson l’accompagne depuis ses débuts sur le circuit, sans changement de marque.

Son cadre, lui, a connu une seule évolution notable : l’aller-retour entre 18×20 et 16×19 décrit plus haut, resserré autour de la sortie de la génération V10. Pour le reste, la continuité domine.

Cette stabilité a accompagné une progression rapide : première finale ATP à Doha en 2024, perdue face à Karen Khachanov ; titre au Masters 1000 de Miami en mars 2025 face à Djokovic, à dix-neuf ans ; deuxième titre ATP à Auckland début 2026 ; puis une première demi-finale de Grand Chelem à Roland-Garros la même année. Son meilleur classement mondial, la 12e place, date de mars 2026.

Qui joue avec la même raquette ?

Le Blade 98 est l’un des cadres les plus répandus du circuit, mais sa version 18×20 est nettement plus rare. Mensik la partage principalement avec Aryna Sabalenka côté WTA — deux gros frappeurs, la même intuition de brider le matériel plutôt que de l’amplifier.

La ligne Blade dans son ensemble compte plusieurs joueurs de ce silo à différentes étapes : Learner Tien l’a jouée avant de basculer vers un cadre plus puissant, comme nous le racontons dans notre article sur la raquette de Learner Tien, et Frances Tiafoe y a débuté chez les juniors. Deux trajectoires opposées à celle de Mensik, qui, lui, est resté.

Quelle raquette pour jouer comme Jakub Mensik ?

Bonne nouvelle : le Wilson Blade 98 18×20, disponible partout dans sa génération V10, correspond directement au cadre qu’il utilise. C’est l’un des dossiers les plus accessibles de cette série, à condition d’accepter ce que ce montage exige.

Car il exige beaucoup. Un plan 18×20 sur un tamis de 632 cm² ne donne aucune puissance gratuite : sans une vitesse de bras conséquente, la balle reste courte et l’effort devient épuisant. La version 16×19 du même cadre — celle que Mensik a lui-même testée avant d’y renoncer — constitue un point d’entrée bien plus raisonnable pour la majorité des joueurs.

Sa tension n’étant pas connue, mieux vaut partir d’un réglage médian : notre guide sur quelle tension choisir pour sa raquette permet de calibrer un montage cohérent, et notre article sur le cordeur de raquette de tennis explique ce que suppose un ajustement précis.

Le dossier Mensik illustre une chose que ce silo montre rarement aussi nettement : parfois, un joueur teste la solution la plus confortable, puis choisit délibérément la plus exigeante. À vingt ans, avec un Masters 1000 déjà en poche, il peut se le permettre.

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