Invité par une wild-card et parti de la 114ᵉ place mondiale, Arthur Fery atteint les demi-finales de Wimbledon 2026, devenant le joueur le moins bien classé à réaliser un tel parcours dans le tournoi depuis Goran Ivanišević en 2001. En battant successivement Damir Džumhur, Otto Virtanen, Zizou Bergs, Grigor Dimitrov puis Flavio Cobolli, neuvième tête de série, avant de s’incliner face à Alexander Zverev, le Franco-britannique bondit de 78 places au classement ATP et devient, du jour au lendemain, le numéro un britannique.

Carrière et trajectoire du franco-britannique

Né le 12 juillet 2002 à Sèvres, dans la banlieue parisienne, Arthur Fery grandit néanmoins en Angleterre, où sa famille s’installe alors qu’il est encore enfant. Il représente d’abord la France en junior avant de basculer sous les couleurs britanniques. Son père, Loïc Féry, est un gestionnaire de fonds spéculatifs et président du club de Ligue 1 du FC Lorient ; sa mère, Olivia Féry (née Gravereaux), a disputé le tableau principal de double dames de Roland-Garros 1991 et reste membre de longue date de l’All England Club, où mère et fils ont l’habitude de jouer ensemble depuis l’enfance de ce dernier.

Fery passe par l’université de Stanford, où il évolue en NCAA dans la conférence Pac-12, avant de passer professionnel en 2019. Sa progression s’effectue essentiellement sur le circuit ITF et Challenger, ponctuée d’un premier titre Challenger à Barranquilla en 2025. Il fait ses débuts en Coupe Davis avec l’équipe de Grande-Bretagne la même année, face à la Pologne.

Son parcours à Wimbledon 2026 marque un tournant radical dans sa carrière. Bénéficiaire d’une invitation, il élimine coup sur coup Damir Džumhur, l’ancien finaliste de Birmingham Otto Virtanen, le vainqueur de l’Eastbourne Open Zizou Bergs, l’ancien numéro 3 mondial Grigor Dimitrov, puis la neuvième tête de série Flavio Cobolli, pour rallier le dernier carré. Il y est stoppé par Alexander Zverev, futur finaliste du tournoi. Ce parcours lui permet de franchir en une quinzaine les paliers du top 100 et du top 50, pour s’installer à la 36ᵉ place mondiale le 13 juillet 2026, son meilleur classement ATP en carrière.

Style de jeu d’Arthur Fery

Droitier au revers à deux mains, Arthur Fery s’est révélé sur le gazon londonien, une surface qui semble particulièrement lui convenir compte tenu de son parcours de qualifié puis d’invité les années précédentes. Sa victoire consécutive sur un ancien top 3 mondial (Dimitrov) et une tête de série du tournoi (Cobolli) témoigne d’une capacité à hausser son niveau de jeu dans les rencontres à enjeu. Les détails techniques les plus fins de son jeu restent en revanche à documenter plus précisément, sa carrière n’ayant connu de reconnaissance médiatique large qu’à l’occasion de cette édition 2026.

Rivalités et confrontations marquantes

La confrontation la plus marquante de la carrière d’Arthur Fery reste sa demi-finale de Wimbledon 2026 face à Alexander Zverev, futur finaliste du tournoi. Sur la route vers ce dernier carré, ses victoires contre Grigor Dimitrov, ancien membre du top 3 mondial, et contre Flavio Cobolli, alors neuvième tête de série, constituent les deux résultats les plus significatifs de sa jeune carrière au sommet du circuit.

Vie et image publique

Issu d’une famille aux ressources considérables, Arthur Fery a grandi en pratiquant le tennis avec sa mère à l’All England Club, théâtre de sa révélation en 2026. Bien que né en France de parents français, il revendique une identité pleinement britannique, ayant passé l’essentiel de sa vie et de sa formation tennistique au Royaume-Uni, soutenu par la Lawn Tennis Association et le National Tennis Centre.

Surnommé « King Arthur » par une partie de la presse tennistique britannique dès avant sa percée de 2026, Fery incarne un espoir déjà identifié par les observateurs du circuit, désormais confirmé sur la plus grande scène du tennis anglais. Sa capacité à transformer cette révélation en résultats consolidés sur l’ensemble de la saison, au-delà du seul gazon londonien, dessinera la suite de sa trajectoire.

Bertrand Connin

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