Shintaro Mochizuki - Crédits photo : si.robi
En juillet 2019, à seulement 16 ans, Shintaro Mochizuki devenait le premier Japonais de l’histoire à remporter un titre du Grand Chelem chez les juniors, en s’imposant en simple garçons à Wimbledon. Repéré très tôt grâce à la bourse Masaaki Morita Tennis Fund, qui lui a permis de rejoindre l’IMG Academy en Floride dès l’âge de 12 ans, le Japonais de 23 ans poursuit sa progression sur le circuit professionnel, avec un meilleur classement atteint en novembre 2025 : 92e mondial. Le cordage de Shintaro Mochizuki, un hybride boyau naturel et Yonex PolyTour Strike, est resté d’une remarquable stabilité — contrairement à sa raquette, qui a changé à trois reprises en quelques années.
Mochizuki joue un hybride boyau naturel en montants et Yonex PolyTour Strike en travers. C’est confirmé par Tennisnerd, qui documente son matériel avec précision.
Le boyau naturel, monté dans les montants, apporte une élasticité exceptionnelle et un toucher supérieur, essentiel pour un jeu basé sur le timing et la variation. Le PolyTour Strike, placé en travers, structure l’ensemble grâce à son contrôle directionnel élevé et sa réponse ferme, ce qui limite l’effet trampoline du boyau et sécurise la longueur de balle lorsque l’intensité augmente. Dans un tamis, les montants déterminent environ 70 % du comportement global — un principe détaillé dans notre guide du cordage hybride — ce qui explique pourquoi ce montage privilégie la sensation en position dominante, avec le polyester en simple correctif de sécurité.
Les tensions exactes ne sont pas rendues publiques, et Tennisnerd le précise explicitement. Pour un montage hybride boyau naturel / polyester de contrôle comme le PolyTour Strike, les réglages généralement observés au plus haut niveau se situent dans une plage intermédiaire, permettant d’exploiter l’élasticité du boyau tout en conservant une bonne stabilité du plan de cordage — mais il s’agit d’un ordre de grandeur de référence, pas d’une donnée confirmée pour ce joueur en particulier. Les logiques générales de ces arbitrages sont détaillées dans notre guide sur quelle tension choisir pour sa raquette de tennis.
L’association du boyau naturel et du PolyTour Strike offre une complémentarité marquée : le boyau prolonge le temps de contact avec la balle et facilite la profondeur sans effort excessif, tandis que le polyester en travers verrouille la trajectoire et renforce la lisibilité à l’impact. Pour Mochizuki, cette configuration permet d’alterner jeu en cadence, accélérations propres et variations de rythme sans rupture de sensations.
C’est un montage plus coûteux et plus exigeant en entretien qu’un simple cordage polyester en full bed, le boyau étant à la fois plus onéreux et plus fragile face au frottement — un compromis rendu possible par l’accès régulier à des cordeurs de tournoi sur le circuit professionnel.
C’est l’élément le plus notable du profil matériel de Mochizuki, totalement absent des versions précédentes de cet article. Selon Tennisnerd, sa raquette a évolué à trois reprises : il a d’abord joué une Babolat Pure Aero 100, puis une Yonex VCORE 100 — confirmée par Yonex lui-même lors du tournoi de Tokyo en octobre 2023 — avant de passer, plus récemment, à la Yonex EZONE 100, son cadre actuel selon le dernier relevé disponible.
Ce parcours illustre une trajectoire matérielle atypique : changer deux fois d’équipementier raquette en quelques années, tout en conservant apparemment le même principe de cordage hybride à travers ces transitions, suggère que le montage cordage lui-même — boyau et polyester de contrôle — constitue un repère stable pour le joueur, indépendamment du cadre utilisé.
Un tamis de 100 pouces carrés (645 cm²), commun aux trois raquettes successives, offre une bonne tolérance et facilite la génération de puissance sans nécessiter une vitesse de raquette extrême — cohérent avec un jeu construit sur la propreté de frappe plutôt que sur la force brute.
Mochizuki développe un tennis fondé sur la propreté de frappe, la prise de balle précoce et une grande qualité de déplacement, capable d’évoluer en cadence tout en variant intelligemment les trajectoires. Ce profil impose une exigence claire au matériel : un cordage qui offre à la fois des sensations fines et une sécurité suffisante pour ne pas transformer chaque variation en risque d’erreur directe.
L’hybride boyau-PolyTour Strike répond bien à cette demande, sans chercher à générer une puissance artificielle — la priorité reste la précision et le contrôle, au service d’un tennis propre et intelligent plutôt que d’une frappe qui impose le rythme par la seule puissance.
Les hybrides boyau-polyester restent minoritaires sur le circuit, réservés aux joueurs recherchant avant tout la sensation :
Reste une trajectoire à confirmer. Premier Japonais champion junior de Wimbledon, Mochizuki poursuit une progression plus lente sur le circuit professionnel, redescendu à la 117e place mondiale à l’été 2026 après son pic de novembre 2025. À 23 ans, sans titre ATP à ce jour, la question de la transition entre le potentiel junior et la confirmation professionnelle reste ouverte — un parcours que son matériel, stable dans son principe malgré les changements de marque, ne semble pas être en cause.
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