Raquette de Jessica Pegula : le cadre le plus partagé du circuit

Raquette de Jessica Pegula - Crédits photo : si.robi
Raquette de Jessica Pegula - Crédits photo : si.robi

Table des matières

Jessica Pegula est passée professionnelle en 2009 et n’est entrée durablement dans le top 10 qu’en 2022, à vingt-huit ans. Onze titres WTA, une finale à l’US Open 2024, ancienne numéro un mondiale en double avec Coco Gauff : sa carrière est celle d’une joueuse qui a construit sa réussite sur la propreté technique plutôt que sur la puissance brute. Sa raquette suit exactement la même logique — au point d’être l’une des plus banales du circuit professionnel.

Quelle raquette utilise Jessica Pegula ?

Jessica Pegula joue avec le Yonex EZONE 98, cadre qu’elle a adopté vers 2016-2017 après avoir passé le début de sa carrière chez Babolat, sur une AeroPro Drive. Elle est depuis l’une des ambassadrices les plus visibles de la ligne côté WTA.

Comme presque tous les joueurs professionnels, elle utilise vraisemblablement une génération plus ancienne du cadre, repeinte aux couleurs du modèle courant — la pratique standard chez l’ensemble des équipementiers. Aucun spécialiste du matériel n’a pu identifier précisément laquelle, et Yonex n’a jamais communiqué sur ce point.

Un détail distingue son dossier de celui d’autres joueurs Yonex. Là où Elena Rybakina est équipée de la tête aux pieds par la marque japonaise — raquette, cordage, chaussures, textile —, comme nous le détaillons dans notre article sur la raquette d’Elena Rybakina, Pegula limite son contrat Yonex aux raquettes et aux sacs. Ses chaussures et son textile viennent d’ailleurs, et son cordage probablement aussi.

Poids et équilibre de la raquette de Jessica Pegula

Là encore, la transparence impose une réserve : aucune spécification personnelle n’a été confirmée publiquement. Les spécialistes du matériel indiquent explicitement ne connaître ni sa customisation, ni sa tension de cordage.

Une seule valeur circule, sans confirmation indépendante : un poids d’environ 320 grammes cordé. C’est, à quelques grammes près, le poids du cadre commercial monté d’un cordage et d’un surgrip — l’EZONE 98 pèse 305 grammes non cordé et affiche un swingweight de série autour de 320.

Autrement dit, si ce chiffre est exact, Pegula jouerait un cadre très proche du modèle de série, sans le plombage conséquent qu’appliquent la plupart des professionnels. Ce serait cohérent avec son profil : à 1,70 m, elle est l’une des plus petites joueuses du top 10, et sa réussite ne repose pas sur le poids de balle mais sur la précocité de la prise de balle.

La taille du tamis : 632 cm²

Le tamis de la raquette de Jessica Pegula mesure 98 pouces carrés, soit environ 632 cm². C’est le format intermédiaire par excellence : plus resserré que les 645 cm² d’Elena Rybakina ou de Coco Gauff, plus généreux que les cadres de 613 cm² d’un Novak Djokovic.

Yonex y ajoute sa géométrie maison, la forme Isometric, une tête plus carrée qui élargit d’environ 7 % la zone de frappe efficace. Sur un tamis de 632 cm², cela revient à obtenir la tolérance d’un cadre plus large sans en subir l’excès de puissance — précisément le compromis que recherche une joueuse qui frappe propre plutôt que fort.

Plan de cordage : 16×19, mais resserré

Le plan de cordage de l’EZONE 98 est un 16×19, nominalement ouvert. Dans les faits, l’espacement des cordes est plus dense que sur la plupart des 16×19 du marché : les testeurs relèvent régulièrement que ce plan produit moins de rotation spontanée que ses équivalents, mais une trajectoire nettement plus basse et plus pénétrante.

C’est exactement ce que réclame le jeu de Pegula. Elle ne cherche pas à faire rebondir la balle haut dans le revers adverse, comme le fait Arthur Fils avec son 16×20 Babolat ; elle cherche à traverser le court à plat, tôt après le rebond, pour retirer du temps à son adversaire. Notre article sur la jauge du cordage détaille l’interaction entre densité du plan et hauteur de trajectoire.

Ce que sa raquette dit de son style de jeu

Le montage de Pegula illustre une philosophie rare au sommet du circuit : ne rien exagérer.

Pas de tamis extrême, pas de plan de cordage atypique, pas de plombage massif, pas de tension excentrique. Chaque paramètre se situe au centre de sa catégorie. C’est le contraire absolu du dossier d’Aryna Sabalenka, qui bride volontairement son matériel avec un 18×20 très fermé pour contenir une frappe hors norme, comme nous le détaillons dans notre article sur la raquette d’Aryna Sabalenka.

Pegula n’a rien à contenir. Son avantage compétitif tient au faible taux de fautes, à la qualité du replacement et à la capacité à renvoyer la puissance adverse plutôt qu’à en produire. Un cadre neutre, prévisible et confortable sert cette économie de jeu mieux qu’un montage spectaculaire.

Le retour de service, révélateur du montage

Le retour de service est probablement le coup où Pegula tire le meilleur parti de son équipement. Elle prend la balle très tôt, souvent à l’intérieur de la ligne de fond, et redirige la puissance adverse plutôt que d’ajouter la sienne.

Sur ce coup, la préparation est très courte : un cadre lourd deviendrait un handicap, et un plan de cordage ouvert enverrait la balle trop haut sur une frappe bloquée. Le compromis de l’EZONE 98 — poids modéré, plan dense, trajectoire basse — correspond point par point à cette exigence. C’est l’un des coups qui expliquent pourquoi elle a battu la numéro un mondiale à Berlin en 2026.

Personnalisation : le dossier le plus discret de la série

La customisation. Aucune information fiable ne circule sur un éventuel plombage. Contrairement à Sabalenka, Gauff ou Ruud, dont les modifications sont documentées, le cadre de Pegula n’a jamais fait l’objet d’une analyse détaillée par les spécialistes. Nous préférons signaler cette absence plutôt que de supposer.

Le cordage, sujet de désaccord. Deux hypothèses coexistent. La plus fréquemment retenue est le Luxilon Alu Power en jauge 1,25 mm, le monofilament le plus répandu du circuit professionnel — celui de Coco Gauff, de Jack Draper et, en travers, de Novak Djokovic, comme le rappelle notre article sur le cordage de Novak Djokovic. Une autre source évoque le Yonex Polytour Rev. Nous n’avons pas pu trancher.

Si l’hypothèse Luxilon est la bonne, Pegula corderait avec une marque tierce, ce qui expliquerait précisément l’absence d’un contrat Yonex exclusif — les équipementiers acceptent rarement cette liberté sans contrepartie.

La tension. Elle n’est pas publiquement confirmée. Les estimations la situent entre 23 et 24 kilos, une valeur médiane cohérente avec son jeu, mais qui reste une déduction et non une donnée.

L’historique raquette de Jessica Pegula

Le passage de Babolat à Yonex, vers 2016-2017, constitue le seul changement notable de son parcours matériel. Il coïncide avec la période où sa carrière, longtemps freinée par les blessures, a commencé à décoller — sans qu’aucun lien de cause à effet ne puisse être établi.

Depuis, la stabilité est totale. L’EZONE 98 l’a accompagnée à chaque étape : premier WTA 1000 à Guadalajara en 2022, meilleur classement mondial à la 3e place la même année, première place mondiale en double avec Coco Gauff en 2023, Montréal 2023 et Toronto 2024, la finale de l’US Open 2024 face à Sabalenka, puis Dubaï et Charleston en 2026, et sa première demi-finale à l’Open d’Australie la même année.

Raquette Babolat de Jessica Pegula, à Wimbledon 2015 - Crédits photo : David Iliff
Raquette Babolat de Jessica Pegula, à Wimbledon 2015 – Crédits photo : David Iliff

Qui joue avec la même raquette ?

C’est ici que le dossier prend tout son sens : l’EZONE 98 est probablement le cadre le plus partagé de tout ce silo. Yonex y associe officiellement Pegula, mais aussi Ben Shelton, dont nous détaillons le montage dans notre article sur la raquette de Ben Shelton, ainsi que Naomi Osaka, Madison Keys, Denis Shapovalov, Nick Kyrgios, Linda Nosková, Taylor Townsend et Márton Fucsovics.

Un même cadre, des styles radicalement différents : le service le plus rapide du circuit chez Shelton, la précocité de prise de balle chez Pegula, la puissance pure chez Keys. Casper Ruud complète la famille sur la version rallongée du modèle 100, un cas que nous traitons dans notre article sur la raquette de Casper Ruud.

À noter également : sa partenaire de double Coco Gauff, avec qui elle a atteint la première place mondiale, joue de son côté un cadre Head entièrement différent, détaillé dans notre article sur la raquette de Coco Gauff.

Quelle raquette pour jouer comme Jessica Pegula ?

C’est, avec celui d’Alcaraz, le dossier le plus directement reproductible de cette série. Le Yonex EZONE 98 vendu en magasin correspond très probablement, aux quelques grammes de surgrip près, à ce qu’elle joue en match. Il n’y a ni moule caché, ni plombage complexe, ni tension extrême à imiter.

Une seule vigilance : les générations récentes du cadre ont vu leur rigidité baisser (autour de 63 RA), ce qui les rend plus confortables, mais les testeurs signalent que le modèle reste exigeant pour les joueurs sujets aux douleurs de bras si le cordage est tendu trop fort. Notre guide sur quelle tension choisir pour sa raquette aide à calibrer un montage adapté.

Le dossier Pegula ferme cette série sur une leçon inattendue : après vingt articles consacrés à des moules confidentiels et des customisations secrètes, la joueuse la plus régulière du top 5 mondial joue, à peu de chose près, la raquette du rayon.

S'inscrire à la newsletter

    Ces articles pourraient vous plaire